Metz

Les Bons Plans de
Stéphane Leydecker, on gagne tous à être Direct

Par Stéphane GETTO • Directeur général et directeur des rédactions • 04/02/2019 à 10h30

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La radio messine Direct FM fêtera ses 20 ans l’an prochain. Son patron, Stéphane Leydecker, est plus que jamais aux manettes. Des projets plein la tête. Toujours aux côtés du FC Metz, mais pas seulement. 

Mardi soir, pour le derby, Stéphane Leydecker, 50 ans, était dans la tribune de presse de Saint-Symphorien. « Pour l’ambiance particulière, car c’est un des rares endroits du stade où sont réunis à la fois des Nancéiens et des Messins. » Pendant ce temps, sa radio, Direct FM, retransmettait évidemment le match. Rien de plus normal, pourrait-on penser pour « la radio du FC Metz ». Attention, rectificatif immédiat : Direct FM n’est pas la radio du FC Metz, mais la radio supportrice du FC Metz. Nuance. C’est son président Stéphane Leydecker qui le dit, et qui y tient.

 

Evidemment, la différence est subtile. « Le club nous verse zéro centime. Et nous payons notre loge, j’insiste. Aucune subvention de la ville également », précise-t-il. Idem pour le capital de la société privée qui porte la radio. Le club n’est pas actionnaire. Stéphane Leydecker détient la majorité du capital. Un autre actionnaire répond au nom de… Carlo Molinari, président mythique des Grenats. « Carlo est mon deuxième père, je lui dois beaucoup », confie-t-il. Pas de doute, Stéphane Leydecker fait partie de la famille FC Metz. D’ailleurs, ne partage-t-il pas sa vie avec Hélène Schrub, la directrice générale du club ? Ce sont les hasards de la vie, et la vie fait parfois bien les choses.

 

Revenons donc à l’identité de la radio. 175 000 auditeurs réguliers, une majorité de femmes, et sûrement pas que des supporters du FC Metz. Et pour cause, l’actualité du club, « c’est à peine 1% du temps d’antenne, 3 heures par semaine. Nous sommes une radio généraliste de proximité. Mais oui, nous sommes supporter du club avant tout. C’est un identifiant très important pour nous ».

 

Et les retransmissions ? « Cela fait bien longtemps que nous ne nous contentons plus de retransmettre classiquement le match. Aujourd’hui, toutes les rencontres sont retransmises sur BeIn ou ailleurs. Nos directs, c’est beaucoup moins de lecture simple du jeu mais de la valeur ajoutée, des infos, des échanges sur l’actualité du club, les à-côtés, etc. »

 

Stéphane Leydecker ne s’en cache pas, les années de Ligue 2, ce n’est pas très bon pour l’image. Il faut éviter que l’audience varie au gré des résultats du club. « Nous ne pouvons pas apparaître comme une radio de deuxième division. Les audiences démontrent que nous jouons dans la cour des grands, comme NRJ ou Virgin. » En revanche, si le FC Metz retrouve l’élite la saison prochaine, et c’est bien parti, Direct FM densifiera la couverture du club. Le dirigeant a quelques projets en tête : davantage de direct dans les vestiaires, pourquoi pas un studio éphémère dans la nouvelle tribune, encore plus de « talk », etc.

Casting de The Voice

A court terme, Stéphane Leydecker a un autre projet: trouver de nouveaux locaux. Avec ses huit permanents et ses pigistes, la radio (studio et bureaux) est un peu à l’étroit, coincée à l’arrière du centre de formation du FC Metz, dans les anciens locaux de RTL 9. D’ailleurs, ce jour-là, Stéphane Leydecker nous accueille dans un bureau encombré, disons-le, celui de la salle de maquillage de la télé locale. « C’était sympa au début, à notre création il y a 19 ans, notamment pour la symbolique, mais maintenant ça commence à peser », ajoute-t-il. A ses pieds, couché, son labrador Luna, « la mascotte de la radio », soulève une paupière et semble approuver.

 

Direct FM recherche donc 300 m2, pour « pouvoir grandir », et Luna pour se dégourdir les pattes. « J’ai par exemple envie de faire des ateliers radio avec des jeunes, pour leur donner leur chance, avoir une terrasse pour des apéros concerts avec des groupes locaux. Je ressens vraiment la frustration de ne pouvoir le faire », égrenne celui qui gère pour la Lorraine les castings de l’émission The Voice de TF1.

 

Surtout, Stéphane Leydecker souhaite étendre sa zone de diffusion. « On ne peut pas vivre avec une seule fréquence sur le bassin de Metz. » C’est pourquoi, il a obtenu depuis quelques années de diffuser aussi sur le bassin nancéien. Les auditeurs « sudistes » n’ont toutefois pas droit aux émissions autour du FC Metz… « C’est remplacé par un programme musical, trop de rivalités… » Pour autant, Direct FM affiche sa volonté de s’enraciner sur place, pour preuve son partenariat avec le club du Grand Nancy Handball. Un choix de cœur, pour l’ancien handballeur.

 

Evidemment, Stéphane Leydecker est un fondu de sport, mais surtout un passionné de radio. Son histoire d’amour avec ce média, il ne s’en lasse pas de la raconter. Des heures de bénévolat pour jouer les petites mains pour Radio L (« je harcelais les gars de la radio pour m’essayer à l’antenne »), aux premiers émois du direct pour la radio associative RPL (« une école formidable, on faisait tout, tout seul, l’animateur, le technicien »), jusqu’au premier CDD l’année de son bac pour Metz FM, la radio de la municipalité lancée par Jean-Marie Rausch (« c’était pour assurer l’antenne d’un premier de l’An, le patron de la radio Félix Elens n’avait pas de volontaire sous la main »).

 

Stéphane Leydecker poursuivra sur la radio municipale, en assurera même la direction, jusqu’à sa fermeture en 1999. Il décide alors de lancer sa propre station. Mais comment convaincre les autorités régulatrices de l’époque de lui confier une fréquence ? Plutôt que de créer une FM locale généraliste de plus, il a l’idée de proposer une radio 100% foot, à l’instar de ce qui existe alors à Bordeaux ou Marseille. Nous sommes en plein dans l’ère Joël Muller, le contexte sportif est porteur. Le projet séduit Carlo Molinari. L’aventure Direct FM débute en mai 2000.

 

Aujourd’hui, Stéphane Leydecker n’est plus guère présent à l’antenne, sauf en cas de coup dur : « Je suis le joker du joker… » Il se consacre au développement de sa petite entreprise. Comme par exemple l’adhésion de la radio au réseau des « Indé » (120 radio indépendantes), « la première force radiophonique de France ». Et aussi l’arrivée de la RNT (Radio numérique terrestre) en 2020. Une évolution technologique qui ouvre de nouvelles perspectives pour les radio locales. Ca tombe, bien, Direct FM fêtera ses 20 ans. Et le FC Metz commencera, sans doute, l’année en Ligue 1.

 


 

Son coup de gueule

« Le manque de civisme, on râle pour un rien, on n’aide plus les gens dans la galère. Avant on intervenait, aujourd’hui on les regarde et on passe à côté »

 

Son coin perso : la place de l’Esplanade

«  La place de l’Esplanade avec les marronniers à Scy-Chazelles, avec une vue qui domine Metz. »

 

Son livre : Briser le silence

« J’ai hâte d’ouvrir le bouquin de Murielle Bolle. Je suis passionné par l’affaire Grégory ».

 

Sa satisfac­tion

« Les résultats du FC Metz, et les projets du club  “of course”. On a la chance d’avoir un président comme Bernard Serin.»

 

Son coup de cœur

« Le changement de dimension pris par la ville de Metz. Chapeau. »

 

Son resto : le Mamma Mia

«  Le Mamma Mia au Ban-Saint-Martin, pour l’accueil de Geneviève et de sa fille, avec une savoureuse carte franco-italienne. J’ai découvert aussi Le Derrière, en centre-ville de Metz. Génial »
 



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