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Football
Derby FC Metz - ASNL : qui c’est les plus forts ? Évidemment, c’est les Grenats

Par Arnaud DEMMERLé • Journaliste de La Semaine • 31/01/2019 à 14h30

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La célèbre chanson de Monty sur les Verts de Saint-Etienne aurait pu être parodiée et retentir à Saint-Symphorien. Conquérant, ultra-dominateur, plus talentueux, surtout, le FC Metz a remporté le premier derby de la saison et concassé une faiblarde équipe nancéienne (3-0), certes sévèrement et rapidement en infériorité numérique, mais trop fragile en l'absence des nouvelles recrues. Les Grenats reprennent leur marche en avant, l'ASNL son chemin de croix.

« Ici c'est Metz, ici c'est Metz. » En renard des surfaces, Ibrahima Niane vient de s'offrir un doublé et d'inscrire le troisième but des Grenats à 10 minutes de la fin. Saint-Symphorien explose telle une cocotte-minute, le peuple grenat vocifère son ivresse. Le bonheur se lit partout. Le plus Nancéien des Messins, Vincent Hognon, l'entraîneur adjoint de Frédéric Antonetti, toujours au chevet de son épouse malade, esquisse bien plus qu'un sourire. Sur le banc de l'ASNL, c'est la soupe à la grimace. Le coach Alain Perrin, la mine déconfite, le regard presque honteux, se cache un peu plus sous son épais bonnet. Ses joueurs, mains sur les hanches, tête basse, sont totalement désemparés et attendent avec impatience la fin de leur agonie.

 

Le glas vient de sonner pour eux, mais la messe est dite depuis longtemps. Entre le leader intouchable et incontournable de la Ligue 2 et l'un des cancres, 19e ex-æquo avec le dernier le Red Star, la hiérarchie a été respectée. Trop facilement. Il n'y a pas eu photo entre les deux. « La victoire est incontestable », reconnaît Alain Perrin, déçu par l'attitude de ses joueurs. « Nous n'avons pas été au niveau et nous n'avons jamais pu rivaliser. On n'a pas réussi à faire douter cette équipe de Metz en pleine confiance. »

La boussole Abergel déboussolée

L'ASNL n'avait ni les armes ni le talent pour endiguer la furia messine, poussée par son douzième homme. Elle était trop handicapée par l'absence de ses nouvelles recrues (Ngom, El-Kaoutari, Vagner Dias, Poha, Marveaux), pas qualifiées pour ce match initialement prévu juste avant Noël et donc leur arrivée.

 

« C'était le challenge et le sens de ma causerie : prouver que ceux qui étaient sur le terrain pouvaient gêner un membre du Top 5 », révèle Alain Perrin. Certains cadres ont déçu à l'image de Laurent Abergel, l'homme aux trois poumons qui est passé complètement à côté de son sujet, se faisant manger par le milieu de terrain messin. Et comme si cela ne suffisait pas, les Nancéiens ont dû jouer en infériorité numérique pendant plus de 70 minutes après l'expulsion sévère de Malaly Dembélé après une faute « mal placée », plus maladroite que violente sur John Boye. « L'arbitre a été à l'image de mon équipe, peu inspirée et pas au niveau. »

Menu toujours copieux pour les Grenats

Bizarrement, cette supériorité numérique a cassé le rythme des Messins, qui ont ronronné pendant une vingtaine de minutes. Car avant l'expulsion, ils avaient pris le match par le bon bout, mettant du rythme et de l'intensité dans toutes leurs actions. Il y avait le feu devant les cages de Guy-Roland Ndy Assembé avec des occasions franches à la pelle (chronologiquement Habib Maïga, Gauthier Hein, Ibrahima Niane, Opa N'Guette et Marvin Gakpa). La délivrance est finalement arrivée juste avant la mi-temps d'un coup de canon, une mine de 25 mètres d'Ibrahima Niane, aligné en pointe à la place d'Habib Diallo. Le Sénégalais a été le grand bonhomme de ce derby avec un second but personnel et une activité de tous les instants.

 

Entre ses deux buts, Habib Maïga avait fait le break sur un coup de casque, une tête décroisée sur un centre de Marvin Gakpa. « La meilleure équipe a gagné. Je suis très heureux de la performance des joueurs. Il y a la manière du début à la fin. On avait à cœur de renouer avec la victoire en championnat après la défaite contre Clermont (1-2) et le nul sur la pelouse de l'AC Ajaccio (0-0). Je n'étais pas inquiet, mais deux matchs c'est beaucoup pour nous », a affirmé Vincent Hognon, qui se projette déjà sur les prochaines échéances. « On va encore enchaîner trois matchs en une semaine : Troyes ce vendredi en Ligue 2, Orléans mardi en Coupe de France et Lens samedi 9 février. » Son équipe a repris trois points d’avance en tête du classement sur Brest et dix sur le Paris FC, troisième.

 

Pendant ce temps, aux alentours de Saint-Symphorien, les supporters messins jubilent, continuent de faire la fête et de chanter à tue-tête: « La Lorraine est Grenat et elle le restera. » Au moins pour cinq mois.

 


 

La réaction de Jean-Pierre Jager : Justesse technique

Difficile, en observant les deux équipes dans leur composition et leur prestation de mardi soir de ne pas remarquer l'abîme technique qui existait entre elles. Nancy à l'état brut, c'est-à-dire sans les renforts du mercato hivernal puisque ce match était censé se disputer avant la trêve, a été quasi inexistant dans le contrôle du ballon. Le fait d'être réduit à dix assez tôt a encore miné le reste de consistance mais les cinq occasions de but nettes des Messins sur autant de mises hors de position de la défense adverse avant le carton rouge, indiquaient déjà bien la profondeur du mal et expliquaient en partie  la profondeur au classement.

 

Du côté messin, assez peu de bavures techniques sauf dans le cadrage des tirs de Niane et N'Guette en début de match au moment où, qui plus est, Hein cherchait son pied gauche désespérément. Le jeu à plat a pu rendre le public impatient par moments mais s'est toujours accompagné d'une vraie maîtrise de la balle à l'exception des dernières minutes plus hasardeuses et débridées. Un certain nombre de combinaisons issues de l'entraînement  sont aussi apparues plus clairement, notamment sur les balles arrêtées. Encore le schéma Antonetti avec peut-être une patte Hognon puisque l'intérim dure.

 

Reste la question de la composition de l'attaque messine avec une gamme de solutions, de vrais espoirs mais pas de véritable évidence. Il faudra continuer à jongler avec la réussite des uns (Niane ce mardi) et les approximations des autres, les rôles se renversant au fur et à mesure des rencontres. Sauf gros pépin ou désunion majeure, on peut estimer que cette équipe a de quoi voyager sereinement et devrait recevoir avec plus de punch à nouveau.

 

Légende : Liesse - Auteur du deuxième but du FC Metz, Habib Maïga a fêté ça comme il se doit avec le public de Saint-Symphorien.


2 réactions

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Par Yujhgtrfde
 • Citoyen
01/02/2019 • 21:10

Ouh le jaloux  

Par ytfbasw
 • cadre
01/02/2019 • 10:09

Essayez un peu de neutralité, La Semaine, vous verrez cela mène loin en journalisme.

Pas un Lorrain ne voyait ce match chez les Mosellans comme un duel ou un test. L'ASNL est moribonde et se bat pour sa survie alors un compte-rendu de match (à 11 contre 10, les messins reconnaissant l'absence de rouge) qui prend au sérieux ce résultat étonne. 

 
 

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