Metz

Une semaine avec
Le bloc-notes de Jean-Pierre Jager : Rubik's cube et Grayou

Par Jean-Pierre JAGER • Journaliste de La Semaine • 27/01/2019 à 10h00

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Chaque semaine, Jean-Pierre Jager livre aux lecteurs ses promenades dans la ville, ses réflexions, ses anecdotes et ses coups de coeur. Bloc-notes écrit du jeudi 17 janvier au jeudi 24 janvier.

Jeudi - Quand l'Isfates nous parle de vous

Quatre étudiants de l'Isfates, cet institut franco-allemand largement précurseur installé depuis 40 ans à Metz, ont effectué une étude sur les lecteurs de La Semaine, tous supports confondus. Cela s'est passé début octobre, au moment où, comme ils le font depuis dix ans, ils étaient aussi nos partenaires pour une présence tonique à la Foire Internationale de Metz.

 

Jeudi matin de la semaine dernière, Sarah Michel, chef de groupe, Paloma Mbouche, Pierre-Louis Rondeau et Cassandra Rieff ont présenté le résultat de leur travail au jury... et il y a pas mal de choses intéressantes à retenir.

 

Parmi celles-ci, je me suis arrêté sur le fait que les femmes sont souvent prépondérantes au nombre de nos lecteurs et cela m’a rappelé la première séance de perception de notre journal par un public  témoin d’une vingtaine de personnes choisies de manière représentative.

 

Cela se passait début février 2005 entre le numéro 0 et le numéro 1 de la Semaine. La série de questions du type «  et si c’était » posée par l’animatrice s’était terminée par le fait que le journal lui-même était assimilé à une femme de 40 ans. Les participants à la réunion s’en étaient expliqués :  format sympa, couleur mais surtout « manière non agressive de traiter l’information ». Nous avions d’ailleurs tenu compte de ce ressenti au moment d’élaborer notre site.

 

Dans l’enquête 2018, on apprend aussi de manière plus prosaïque que la proportion d'achats par abonnement (33%) ou au numéro (28%) est rejointe par une part non négligeable de personnes qui nous lisent gratuitement sur leur lieu de travail dans les entreprises et collectivités.

 

Pour ce qui est du support, même dans l’échantillon plutôt jeune (18-40 ans) retenu délibérément par nos enquêteurs, 40 % de ces lecteurs continuent à préférer le papier, un tiers  passe indifféremment du papier au digital et un peu moins de 30% sont des accros du numérique.

 

Quant à la newsletter, l'urne pour recueillir les bulletins d’inscription gratuit n'a pas désempli pendant la FIM et les retours sont bons. Il ne vous reste plus, si cela n’est pas fait, qu’à vous inscrire vous aussi sur notre site lasemaine.fr et vous la recevrez cinq jours par semaine à 17 h 30.

 

Hôpital Schuman : le rubik's-cube du directeur

On nous l’annonçait différente car interactive : la cérémonie des vœux des Hôpitaux Privés de Metz qui regroupent aujourd’hui encore Belle Isle, Sainte-Blandine et l’hôpital Robert-Schuman avant de se résumer demain à un hôpital de ville, Belle-Isle et un navire amiral Robert-Schuman agrandi sur le ban communal de Vantoux, a effectivement tranché avec d’autres manifestations du même genre.

 

Pour sensibiliser aux enjeux comme aux performances, au bilan comme aux projets, Régis Moreau le directeur général avait mis en place avec son service communication une animation globale qu’il a lui-même menée avec brio. Elle s’est par moments appuyée sur des consultations du public présent, aussi bien sur des événements que sur le ressenti des évolutions, ou même la nécessité d’adapter l’identité demain pour faire mieux percevoir  une image et la qualité d’établissement privé certes mais à but non lucratif.

 

Et ça a marché même si parfois ce fut un peu long. L’émotion des départs à la retraite avait ouvert la soirée au lieu d’être cantonnée entre fin des discours et buffet. Une moyenne d’ancienneté de 40 ans, des infirmiers aux administratifs et médecins, qui illustre que l’on se sent bien aux Hopitaux privés de Metz. Puis est venu l’exposé de la problématique globale d’un hôpital qui doit prendre en compte à la fois les attentes des patients qui veulent de la qualité en ne payant rien ou le moins possible, celles des collectivités qui veulent que tout roule, des autorités sanitaires comme l’ARS ou la CPAM qui demandent de faire mieux avec moins, du conseil d’administration qui veut une pérennité des valeurs et bien sûr celles des salariés dont les attentes aujourd’hui ne sont plus celles des années 70 notamment pour les recrutements…

L’attente encore de la DG qui doit aussi concilier tout cela !

Et c’est à de moment que Régis Moreau exhibe un rubik's cube, celui avec lequel son fils jouait, celui qui présente ou incarne la subtile relation entre les faces et même à l’intérieur des faces. Animations sur écran, passage en revue des événements de l’année passée avec la fierté notamment de figurer dans le palmarès des 50 meilleurs hôpitaux du Point : « Les seuls à Metz, et le seul établissement association à but non lucratif en France. »  S’y ajoute une progression du nombre de patients de 3,8 % et toute une série de démarches de progrès, de rassemblements pour les Ehpad ainsi que des contraintes administratives nouvelles.

 

2019 ne sera pas de tout repos non plus avec l’intégration dans la nouvelle extension, la mise en place de la Communauté Professionnelle Territoire de Santé, une centralisation bénéfique de l’imagerie...un mouvement global que le sondage électronique déclarera plus attendu que craint (aux deux tiers).

 

« Sous quelle identité tout cela doit-il est présenté » sera la dernière question avant que le président Mahler ne présente lui aussi ses vœux et sa vision après avoir salué le travail déterminant de son prédécesseur Pierre Batsch qui a choisi de quitter la présidence en juin dernier mais reste impliqué dans un projet dont il semble difficile de se séparer. Que ce soit pour les dirigeants comme pour les collaborateurs.  

 

Vendredi : Guillaume de I à III !

La culture, c'est ce qu'il reste quand on a tout oublié... Le sel de la vie c'est peut-être aussi ce qu'il reste quand on a tout exercé ou presque. Cet accès de philosophie (mais méfiez-vous, on peut être auteur du dictionnaire amoureux de la philosophie et improviser une saillie radicale comme Luc Fery l'a illustré il y a quinze jours) me revient ou se creuse après une rencontre et un verre l'autre soir avec Philippe Guillaume dans la petite salle des Trappistes. Celle où s'affichent toutes les photos des troupes du théâtre mais celle aussi où on ne se joue pas la comédie.

 

On a connu Philippe Guillaume jeune loup lors de son ascension dans les milieux du commerce messin jusqu'à en prendre la présidence au début des années 90. On l'a connu établi, mais à peine arrondi dans l’expression souvent volontariste et parfois tonitruante de ses idées en tant que président de la Chambre de Commerce de Metz  et de la CGPME Moselle devenue CPME. C'était Guillaume II dont le regard, depuis la CCI installée dans l'ancienne Reichsbank de la place Mondon, balayait tout le quartier impérial.

 

Aujourd'hui il siège le plus souvent à Paris, à la CPME comme au CESE. Derrière ses lunettes aux épaisses montures arrondies, l'homme a eu le temps de prendre du recul, de se montrer plus convaincu que jamais de certains de ses choix mais aussi de porter le regard plus loin et de savoir écouter. C'est Metz bien sûr qui l'intéresse dans notre discussion, la suite de l'histoire de cette ville, les raisons qu'il a de l'aimer ou de se sentir parfois horripilé. L'attente d'un souffle aussi que les circonstances présentes comme l'échantillon supposé ne semblent pas encore forcément garantir. La certitude d'avoir un travail à accomplir pour faire arriver au jour un vrai projet, une ambition qui ne saurait se limiter à la seule sécurité ou à la volonté d'écoute des citoyens même si les deux notions sont aujourd’hui plus indispensables que jamais.

 

Samedi : Un train de retard ?

Curieuse mobilisation que celle qui a mis deux bons mois à se mettre en place pour certains de nos élus à propos de la nouvelle clef des relations TGV entre Metz et Paris. C'est le sénateur Jean-Marc Todeschini qui avait levé le lièvre il y a deux mois en constatant qu'un des trains du matin, celui de 8 h 56 en direction de Paris avait disparu. Inouï, non ? comme on dit à la SNCF.

 

Celle-ci bredouilla quelques explications expliquant qu'un Ouigo en plus le soir et un décalage l'après-midi faisaient qu'on arrivait pratiquement au même résultat. Une logique comptable que les Messins désirant se rendre à Paris le matin sans forcément se lever aux aurores ne partagent pas. Patrick Weiten, président du Conseil départemental de la Moselle l'avait dit il y a dix jours. A la fin de la semaine dernière ce sont Jean-Luc Bohl et Dominique Gros qui lui ont emboîté le pas déclarant que «  Metz se retrouvait la seule métropole du Grand Est à ne plus se retrouver avec un choix de 3 trains dans la tranche cruciale du 6-9 le matin ». Ils en ont aussi profité pour demander la répercussion de la mesure sur les trains de 7h26 et 10h56 qui étaient déjà passablement complets jusqu'ici.

 

Touche pas à mon TGV avait dit le Grand Est l'été dernier. Ici on devra finalement se contenter d’un site de protestation commun qui a fini par arriver.

 

Sport  - La peluche et la coupe

Naissance et renaissance simultanées ce mardi pour le FC Metz. Il y a d'abord eu le matin ce clin d'oeil que le club, en partenariat avec le département de la Moselle qui finance l'opération, fait aux familles, aux enfants et plus précisément aux nouveaux nés en leur offrant la peluche de Grayou, la mascotte dragon du club. Bernard Serin et Patrick Weiten en ont dit tout le bien qu'ils pensaient et éprouvaient.

 

Renaissance le soir même avec une victoire des grenats en coupe de France face à Monaco. Un petit goût de parc des Princes en 1984 mais là ce n'était que pour accéder aux huitièmes de finale. N'empêche que c'est fait et sans bavures 3-1. Monaco n'est plus, pour l'instant, ce qu'il était ; Metz ne l'est pas encore redevenu. Ça fait du bien. Le foot sous le signe du graouilly et les handballeuses Dragonnes : Metz a de l'appétit sur le plan sportif et invite à repasser à table très vite. Coupe d'Europe d'un côté, derby de l'autre. A vous de choisir ou de fréquenter les deux.

 

Mardi - Reprendre pour me libérer !

Imaginée par Radoine Mebarki il y a deux ans dans la droite ligne de son essai «  Tous repreneurs », l'opération de sensibilisation puis le coup de pouce donné à des Lorrains souvent issus de milieux défavorisés ou en difficulté pour affirmer leur ambition de mener à bien un projet d'entreprise en est à sa deuxième saison. Partenaires engagés dont la banque Kolb et le cabinet Batt et associés, Pôle Emploi et le CNAM, collectivités qui jouent le jeu...assurent la continuité de cette proposition fondée sur le constat que « moins on a perdre et plus il faut se lancer » mais en bordant la démarche par des garanties et des savoir-faire.

 

C'est ainsi que la deuxième saison de castings a pu commencer ce mardi à Metz. Elle concernait 28 candidats et sera suivie par un rendez-vous similaire à Nancy puis à Saint-Dié. Une centaine de démarches ont donc été préalablement sélectionnées parmi les 850 contacts initiaux et c'est leur projet que les candidats sont venus défendre devant un jury composé essentiellement de représentants des partenaires et d'experts en entreprise. Une jeune femme lorraine qui explique comment elle conçoit et va gérer son commerce de proximité, un homme plus âgé trouve dans l'entretien des tombes des cimetières une source d'activité encore peu exploitée... mais c'est surtout le témoignage d'une femme de Forbach qui provoquera émotion et intérêt dans la mesure où, pendant sa présentation, elle dira simplement que jusqu'ici elle a «  tout le temps réalisé les rêves des autres comme celui de son mari ou d'amis sans jamais se retrouver elle-même. Cela m'est revenu et maintenant je sens que je peux être moi-même en réalisant mon projet ».

 

Les candidats qui avaient été coachés pendant un mois ( « On sent la différence de niveau par rapport à l'an dernier » dira Philippe Henaux, monsieur Lorn'tech) et qui ont passé le cap de ce casting qui n'avait pas pour but d'éliminer mais de conforter l'envie, bénéficieront d'une formation  à l'entreprise qui leur sera délivrée gratuitement par le Cnam. Il faisait frais ce mardi matin dans la Walking Ghosts de Blida mais la chaleur des projets et des engagements le faisait oublier.



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