Economie

Santé
Plan Régional de Santé : répondre aux défis majeurs

Par Pierre TARIBO • Journaliste de La Semaine • 06/07/2018 à 16h35

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L’ARS et les professionnels ont travaillé d’arrache-pied et en concertation pour définir des actions destinées à améliorer le fonctionnement de la chaîne des soins.

Est-ce une révolution au sein du système de santé ? Plutôt un mode d’emploi donné pour répondre à plusieurs nécessités : rationaliser la dépense publique, faire face à l’évolution de la démographie médicale, tenir compte du vieillissement de la population, améliorer la prise en charge des malades, faire coopérer des univers aux approches différentes.

 

Vaste programme dont l’élaboration a mobilisé le directeur de l’Agence Régionale de Santé, Christophe Lannelongue, l’ensemble de ses services  mais aussi tous les acteurs concernés : professionnels, patients et leurs associations, élus et citoyens. Le but ? Optimiser la permanence des soins, mutualiser les compétences, réguler l’utilisation des moyens, réduire les coûts, intégrer tous les acteurs de la santé  dans des partenariats, faire de la prévention une priorité. Ce n’est pas tout.  Il faut aussi et prioritairement répondre aux besoins de santé de la population  en luttant contre les inégalités territoriales et sociales d’accès aux soins.

Mieux travailler ensemble

La dynamique du changement passe par l’innovation, notamment l’e-santé et par la volonté de relever plusieurs défis majeurs, lesquels sont encore plus marqués dans notre région : le vieillissement de la population, l’accroissement des maladies chroniques, le départ à la retraite dans les cinq ans de 30% de médecins généralistes, une mortalité prématurée due en grande partie à des facteurs et comportements à risques : tabac et alimentation en particulier et enfin, un système de soins trop cloisonné et donc en perte d’efficience.

 

« Il y a eu une cinquantaine de groupes de travail » souligne Christophe Lannelongue qui ajoute : « Ces défis ne peuvent pas être relevés  sans une mobilisation collective et coordonné. L’objectif c’est de mieux travailler ensemble. »

 

L’analyse des forces et des faiblesses  a été un facteur clé de l’élaboration du PRS, pivot d’une politique de proximité conçue pour répondre aux besoins identifiés dans le cadre de diagnostics territoriaux. « C’est un territoire très hétérogène. On a des zones denses et des zones rurales », souligne Véronique Guillotin sénatrice de Meurthe-et-Moselle et conseillère régionale qui souligne combien l’innovation «  va aider à résoudre des problèmes de santé notamment dans les secteurs  confrontés à la désertification médicale ».

 

Président de la confédération régionale de santé, Hubert Attenont se félicite de la manière dont le PRS a été préparé. « Nous avons apprécié la pertinence du constat et des solutions. Je me réjouis de voir la prévention hissée au rang de priorité. Il n’y a pas, chez les jeunes, que le tabac et l’alcool il faut aussi regarder ce qui se passe en matière de nutrition, d’addiction et de maladies sexuellement transmissibles. Enfin, nous devons regarder comment l’offre est structurée. »

Des orientations stratégiques et opérationnelles

Définie pour une durée de dix ans, co-construite par l’ARS et ses grands partenaires, cette feuille de route fixe les orientations stratégiques et opérationnelles en fonction des déterminantes de santé au niveau national et régional.

 

Dans le Grand Est, comme partout en France, il faut tenir compte des hôpitaux en surtension, des urgences  en surchauffe, de la demande de soins inflationniste et des contraintes budgétaires. Autant dire d’injonctions contradictoires destinées à mieux organiser la proximité sans  disperser les moyens. Une opération à mener avec doigté car, plus que dans tout autre secteur, on touche ici à l’humain. Les pistes sont connues : virage ambulatoire en matière d’hospitalisation, mise en commun des moyens, mutualisation des charges, effort accru portant sur la prévention, développement de la télémédecine, déploiement intensifié des maisons de santé pluridisciplinaires pour attirer les jeunes médecins .

 

A partir de projet dont la mise en œuvre ne doit pas se fracasser sur les résistances et la réalité du terrain, les objectifs sont clairs :

- diminuer la mortalité évitable en agissant sur les comportements à risques : obésité, tabagisme, prise en charge des maladies cardio-neuro-vasculaires ;

- assurer un égal accès à des soins sûrs et de qualité sur l’ensemble de la région ;

- rendre à l’hospitalisation son rôle de recours et d‘expertise pour des soins lourds et techniques, les professionnels de santé de ville prenant en charge les affections courantes ne nécessitant pas de surveillance aiguë ;

- renforcer l’offre de soins de proximité ;

- soutenir l’évolution des pratiques professionnelles adaptées à l’accompagnement des personnes âgées  et des personnes en situation de handicap ;

- faire évoluer le système dans une logique de parcours, c’est-à-dire en adaptant la prise en charge et en poursuivant la politique en faveur de la qualité et de la sécurité des soins.

 

Commentaire de Christophe Lannelongue : « Le problème, ce n’est pas d’augmenter les moyens mais de les utiliser de façon cohérente. Essayons de nous associer, de travailler ensemble à partir d’un constat partagé, de façon à potentialiser les moyens. Il y a obligation pour nous de bien utiliser l’argent public. » La vérité, c’est qu’après les propos volontaristes et rassurants il y a les critères qui conditionnent le maintien d’établissements ou d’unités. On en revient toujours aux dépenses  de santé et aux impératifs d’économies.

 

Le but de l’ARS Grand Est était de produire un texte inventif, aux préconisations soutenables et capables de tirer le système vers le haut en s’appuyant sur de fortes réorganisations génératrices de meilleures performances afin de concilier les contraintes économiques et sanitaires. Après de nombreux travaux prospectifs un grand chantier est ouvert. Selon des plans de technocrates ? Certains disent qu’on galope vers un système dirigé qui est plus au service de l ‘économie que de la personne. D’autres qu’il répond à la situation en tenant compte des problèmes de santé particuliers au Grand Est sans perdre de vue la pertinence et la qualité des soins.

 

Le défi majeur était de renforcer les dynamiques de coordination et d’articulation entre tous les acteurs. C’est fait ! Après la vision, les préconisations et la volonté politique voici les remises en cause, les leviers de la transformation et la fin de la langue de bois. Comme dit l’autre c’est devant l’obstacle qu’on mesure l’efficacité des choix et des ajustements.
 



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