Metz

Immobilier
Metz : Saint-Martin fait école

Par Jean-Pierre JAGER • Journaliste de La Semaine • 10/07/2018 à 14h00

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Grégory Bigel est un « renifleur » de belles opportunités immobilières d'autant plus efficace qu'il est passionné par la pierre quand elle a une histoire et a démontré à maintes reprises qu'il sait mener à terme ses projets. Avec son allure d'éternel jeune homme faussement nonchalant, il a notamment «  opéré » ces dernières années plusieurs maisons de prestige avenue Foch et s'est même lancé dans la rénovation complète de l'imposant immeuble de la place Raymond Mondon qui fait face à la Chambre de Commerce. Il y a installé son agence Imoclaire. C'est lui que l'on retrouve également à Lessy pour l'ancien Institut Pilâtre de Rozier et lui qui, ce jeudi, fera visiter au maire de Metz l'ancienne école Saint-Martin transformée en bureaux.

L'automobiliste qui emprunte la rue du Cambout a de bonnes chances de passer devant le bâtiment sans même le voir tant l'immeuble blanc de l'hôpital Sainte-Blandine puis la tour du Cambout semblent avoir rayé de la carte toute trace d'un passé antérieur aux années 60 et 70. Et pourtant elle est bien là, l'ancienne école Saint-Martin avec sa façade en pierre et le rythme toujours caractéristique des fenêtres des établissements scolaires. Une fontaine fronton de belle allure  est intégrée à la grille en bord de rue et se situe dans l'axe du bâtiment, le camouflant légèrement. Sur la plaque on apprend que « pour affranchir les Messins de la charge du logement des militaires, Henri-Charles de Cambout...de Coislin, évêque de Metz fit construire à ses frais de 1727 à 1733 sur le Champ à Seille cette caserne et cette fontaine ».

Construit en 1885

L'école elle-même, que l'on voit par contre très bien depuis la place Coislin pour peu qu'on lève le nez plus haut que les calandres de voitures, se signale aussi par la présence d'une horloge sur le pignon du deuxième étage. L'immeuble a été construit sous l'annexion en 1885 et restera en service  jusqu'en 2015, sous forme de de centre de documentation pédagogique départemental ces dernières années.

 

Elle s'est donc retrouvée il y a deux ans sur la liste des biens cessibles du patrimoine de la ville ce qui retiendra l'attention de Grégory Bigel qui avait sa petite idée derrière la tête : en faire, comme cela a été le cas dans une autre école de la rue Dupont des Loges, un ensemble de bureaux alliant à la fois charme, rationalité (les grandes classes et les couloirs sont une base assez commode) et emplacement stratégique sur la liaison entre le cœur de ville et l'Amphithéâtre.

Le numéro des classes

Quatre plateaux plus précisément dans ce cas,  un par niveau car un aménagement des combles est venu s'ajouter au rez-de-chaussée et aux deux étages. Des niveaux reliés par la grande cage d'escalier aux marches en terrazzo mais aussi par un ascenseur qui a été installé. A chaque fois les salles de classe ont été redécoupées (elles avaient 50 mètres carrés chacune au départ) en bureaux communicants ou pas et une utilisation judicieuse des anciens couloirs a permis d'y placer les blocs techniques et sanitaires. Les anciens petits sanitaires pour enfants en bout de bâtiment se transforment quant à eux en espace utilisable aux ouvertures verticales rythmées d'un côté et avec vue sur la cour intérieure de l'autre.

 

On retiendra que le maximum d'éléments a été conservé : les planchers rénovés, les radiateurs d'un chauffage central relié au chauffage urbain, les habillages de bois destinés à protéger les bas des murs, les ouvertures bien sûr mais aussi les numéros des classes, sorte de clin d'œil à l'histoire. La climatisation a été installée dans des faux plafonds étudiés pour ne pas perdre de luminosité assez exceptionnelle qu'apportent les immenses fenêtres, les réseaux et l'informatique ont été intégrés et une kitchenette par niveau s'y est rajouté.

Un sentiment de sérénité.

Les travaux ont été effectués sous le regard et avec l'accord des Bâtiments de France. Respect de la façade bien sûr, rénovation de l'horloge, feu vert à la couverture de la petite cour intérieure par une véranda. On notera au passage, comme une curiosité, que cet îlot de bâtiments comprenant Sainte-Blandine n'est pas intégré actuellement dans le secteur sauvegardé pour permettre une réflexion plus large quand arrivera le temps de déterminer le nouvel usage de l'hôpital après transfert dans l'extension de l'hôpital Schuman dont les travaux commencent.  

 

La visite de ces nouveaux bureaux, sur des plateaux dont la surface varie entre 200 et 240 mètres carrés (la véranda sur la cour du rez-de-chaussée permet à ce dernier d'afficher une capacité d'accueil plus grande) donne un sentiment de lumière et de sérénité. Masse des matériaux, hauteur des plafonds, mémoire des murs qui ont accueilli jeunesse et diffusion du savoir, positionnement de l'immeuble dans un écrin qui garde ses arbres dans la cour... tout cela concourt à ce sentiment. La volonté de Philippe Halter aussi qui, avec Grégory Bigel a cent fois sur le métier remis l'ouvrage pour trouver les solutions les plus pertinentes et adaptées à chaque endroit de la maison. En tout cas, c'est impressionnant.

Le prix du marché

On ne saura pas précisément à quel prix (on n'a pas cherché car cela doit être l'objet d'une délibération) ce bien a été racheté à la ville mais il est sûr que le maire de Metz se réjouira qu'un élément sous-utilisé de l'espace messin fasse un retour tonique dans ce secteur. Les prix de location au mètre carré sont dans le haut de la fourchette messine (« même chose qu'à l'Amphithéâtre », dit Gregory Bigel) soit 180 euros HT par mètre carré par an mais c'est prêt à utiliser. Trois plateaux sur quatre sont loués.

 

On gardera pour la bonne bouche et la fin la jolie surprise que constitue le traitement en véranda de la petite cour intérieure de l'école, la cour principale se situant à l'avant de l'immeuble, entre grille et façade, là où ont été installées les 12 places de parking dont une électrique. Alors la véranda ? Un peu le même sentiment quand quand vous êtes chez Nespresso rue des Clercs. Un tout en verre structure, légèrement incliné et qui ouvre sur le ciel ( trois étages plus haut) cet espace lumineux tout en étant protégé des rayons directs du soleil.

 

Difficile en quittant Grégory Bigel de ne pas lui demander quelle est l'opération suivante. Des rachats d'immeubles déjà revendus rue Pasteur et un petit bijou rue du Rempart Saint-Thiébault. Un axe qui connaît une rénovation et un renouvellement presque intégrale de son patrimoine et de ses activités de la rue Châtillon à la CCI sur le côté gauche. On vous a parlé des chambres d'hôtes sur le square Camoufle il n'y a pas si longtemps.
 



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