Metz

Culture
Metz : Les Constellations se préparent

Par Aurélia SALINAS • Journaliste de La Semaine • 02/07/2018 à 13h20

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Au musée de la Cour d’Or, sur les berges de la Moselle, sur la cathédrale de Metz, en contre-bas de la place de Chambre : les traces de Constellations s’affichent petit à petit dans toute la ville. Des mises en place techniques qui précèdent le lever de rideau artistique fixé au 28 juin. Avant que les choses sérieuses ne commencent, nous avons rencontré trois artistes en plein travail, occupés à imaginer une page de votre été.

Elles arrivent. Petit à petit, jour après jour, les constellations prennent possession du centre-ville de Metz. Si le coup d’envoi n'a été donné que le 28 juin, certains artistes sont déjà là en amont pour mettre en place les réglages techniques de leurs installations. Plus les jours vont passer, plus ils seront nombreux, plus la présence de leur art va être visible dans les décors quotidiens. Lui, c’était le premier. Robert Schad a commencé à poser ses sculptures il y a quelques jours. Un peu sous la pluie, beaucoup sous le soleil, elles se sont greffées au paysage urbain. Vous les avez peut-être vu allongées sur des camions, en l’air attachées à des grues ou bien installées dans leur lieu d’accueil.

 

Elles sont 21, portent le nom de Balug, Skritte, Mooh ou Knyrgel, sont situées à la Porte des Allemands, aux jardins Jean-Marie Pelt, ou au centre Saint-Jacques. Les unes à la suite des autres, elles forment l’un des quatre parcours du festival Constellations, long de 3,4 kilomètres. Leur créateur est un Allemand à l’allure bonhomme qui regarde tranquillement chacune de ses œuvres prendre place dans leur nouveau décor.

« Elle pousse comme un arbre »

Ce jeudi 14 juin, Robert Schad  se trouve sur la place de Chambre, prêt à abandonner Zmorg à sa nouvelle demeure. Haute de plusieurs mètres, elle est « pourtant très légère. Ce qui ne l’empêche d’être puissante et de posséder une grande force intérieure. Elle pousse comme un arbre», décrit l’artiste. « Zmorg est inspirée du décor gothique qui l’entoure avec la cathédrale de Metz. » Robert Schad possède une relation particulière avec chacune de ses créations qu’il présente comme ses enfants, « personnages d’une chorégraphie urbaine ». Il ne s’agit pas de faire du beau ou du décoratif, ces œuvres ont une fonction. « Elles jouent un rôle actif dans la vie quotidienne.» Robert Schad est un fervent défenseur de l’acier, qui disparaît pourtant petit à petit de l’éventail des matériaux priviligiés par les artistes.

 

En Moselle, peut-être plus qu’ailleurs, le discours de Robert Schad est lourd de symboles et d’histoire. « L’acier possède une grande force intérieure, il est magnétique. Il a été fait par l’homme et mérite de survivre. » Par son travail, cet artiste lui offre une belle espérance de vie et la possibilité de voyager partout dans le monde.

Bateaux sur l’eau

Pour Robert Schad, le travail est terminé. L’artiste est reparti chez lui près de Mayence où il stocke ses sculptures quand elles quittent la scène.

 

Gloria et Claudio ont eux aussi déjà bien avancé. Ils sont installés sur les berges de la Moselle, deux Italiens qui vivent depuis quelques années en Grande-Bretagne. 165 bateaux en plastique réalisés sur le principe de l’origami flottent sur l’eau. Même de jour, c’est très poétique. Pourtant, il faut attendre que la nuit tombe pour que l’installation prenne toute sa dimension. Grâce à une application, le public peut actionner les lumières et créer sa propre partition visuelle. Une ancre est située de part et d’autre de la structure pour permettre aux bateaux de se stabiliser.

 

Cette création est sobrement intitulée Voyage parce qu’elle représente des embarcations qui symbolisent le déplacement, et parce que leur allure de petits bouts de papier rappellent les pliages de l’enfance d’avion et de bateau.

 

Ceux imaginés par Gloria et Claudio ont déjà vogué à Londres, aux Etats-Unis (dans l’Arizona  et à Baltimore), en Espagne, en Ecosse, en Australie et à Manchester. Jamais chez eux en Italie, jamais en France non plus. Partout où ils se sont allumés, ils ont éveillé la curiosité de tous, quelque soit l’âge,  ou la nationalité de la personne qui observe leur silhouette. Preuve que leur pouvoir est universel et qu’il est toujours aussi bon de retomber en enfance. Voyage est une des œuvres du parcours Pierres numériques de Constellations. En tout, elles sont 15 réparties sur un parcours de 1,5 km. On ne parle pas encore du mapping de la cathédrale dont les équipes techniques sont déjà en piste. Son créateur Yann Nguema du groupe EZ3kiel arrivera à Metz dans quelques jours.

Le bestiaire du musée

Un autre mapping, intérieur cette fois, est lui déjà en cours d’installation. Les nuits sont courtes pour les membres du collectif strasbourgeois AV Exciter. Ils doivent attendre que le soleil disparaisse totalement pour procéder à la mise en place de leur dispositif. A partir de 22h30, la chapelle des Petits Carmes du musée de la Cour d’Or qui vient d’être entièrement rénovée n’est rien qu’à eux. C’est dans ce décor de prestige qu’ils imaginent un bestiaire céleste, inspiré du bestiaire médiéval de Metz.

 

Le mapping va être projeté sur toutes les voûtes de la grande salle, le  lustre servant de reflets presque naturels. Les vidéo-projecteurs et les quatre sources de lumière sont disposés tout le long de la bibliothèque à l’étage.  A partir de la maquette du musée en 3D, les artistes ont imaginé des modèles 3D qui y seront projetés. On y voit des créatures célestes mêlées à des corps célestes.

 

Une création sonore vient s’ajouter à tout cela. Chaque soir de Constellations, à la tombée de la nuit, ce conte visuel de 8 minutes 30 va être projeté  à plusieurs reprises. Une « ascension hélicoïdale vers l’infini » décrivent les artistes, peut-être même au-delà, rien que ça. Il semblerait que désormais, on ne jure que par les mappings. « C’est juste les sons et lumières d’aujourd’hui », réagit Sébastien, l’un des membres du collectif AV  Exciter. Des grands récits racontés à la nuit tombée, sous un ciel d’été, alors que la chaleur électrifie encore l’atmosphère. L’histoire du soir du XXIe siècle.

A Versailles après Metz

Les membres d’AV Exciter ne sont pas des inconnus à Metz. Ils étaient déjà là l’année dernière pour la première saison de Constellations. Leur imagination et leur technologie s’étaient déployées dans l’église des Trinitaires. C’est à eux aussi qu’avait été confié le mapping des Fêtes de la Mirabelle 2016 projeté sur l’hôtel de ville de Metz. Ils sont très demandés à Metz et ailleurs en France. Après Metz, ils organiseront un bal masqué à l’Orangerie du château de Versailles. Puis ils sont attendus à Strasbourg, Avignon, Laon. Rappelons qu’en tout, 500 rendez-vous culturels sont prévus durant le festival Constellations. En voici trois. Juste trois racontés au cœur d’un été qui s’annonce riche comme jamais.
 



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