Metz

La chronique de Jean-Marc Louis
Lutter contre la pauvreté par l’éducation

Par Jean-Marc LOUIS • Correspondant de La Semaine • 04/07/2018 à 17h00

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Il est de la parole présidentielle comme de toute chose : il y a le fond et il y a la forme et le risque toujours réel de généralisation hâtive. La question de la pauvreté, en ce qu’elle nourrit aussi de nombreux fantasmes, est souvent l’objet d’un débat faussé.

On rencontre de par la France, tout élu de terrain le sait, des situations de pauvreté qui sont inextricables, dont il est difficile de sortir : quand se conjuguent plusieurs facteurs pas forcément liés au chômage comme la maladie, le handicap, l’isolement, des revenus modestes, et parfois la pudeur et la honte. Des situations qui se heurtent aux carcans et normes rigides de l’administration. Cette forme de pauvreté ne peut être stigmatisée, elle relève plutôt de la cohésion et de la solidarité nationales.

 

Qu’il y ait une pauvreté « factice » que couvrent les différentes aides sociales est sans nul doute une réalité. Il ne faut pas se voiler la face. Derrière elle, se réfugient d’aucuns qui, biaisant les fondements du civisme et l’esprit de responsabilité, ont identifié des stratégies qui leur permettent de vivre sans les revenus du travail. Mais c’est là aussi la conséquence d’une société qui a établi ses fondements sur la finance et véhicule des images de profit et de réussite faciles ne donnant plus au travail sa valeur fondamentale. Et puis il y a la pauvreté liée à la faillite de l’éducation. Celle-ci est sans doute la plus grave car de nature endémique. Comment se met-elle en place ? Il y a bien sûr la fin de la transmission familiale en matière de ce que l’on pourrait appeler « d’économie familiale ». Gérer un budget, sélectionner des achats dans la perspective du meilleur rapport-qualité prix…autant de compétences qui  ne relèvent plus des principes de l’éducation familiale mais qui ont cédé le pas au conditionnement de la publicité émanant d’une économie de la consommation. Là où très souvent le futile apparaît nécessaire, le prétendu bon marché à long terme coûteux.

 

On le mesure, la réponse à la pauvreté est une affaire de politique générale qui, tout en accompagnant les plus démunis, doit surtout mettre en œuvre un système équitable qui va permettre aux personnes socialement fragiles de s’émanciper et de progresser dans l’échelle sociale à partir d’un projet personnalisé. Cela suppose en premier lieu de permettre  à tout un chacun d’accéder à un travail, de quelque type qu’il soit. Et surtout, en amont, de faire de l’éducation et plus particulièrement de la formation professionnelle les pièces maîtresses d’un édifice social nouveau. Il doit  substituer au principe d’un système pensé égalitariste par le recours permanent aux aides sociales, un autre fondé lui sur l’idée de l’égalité des chances.

 



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