Thionville

Urbanisme
Côte des Roses à Thionville : l’hôpital qui ne se fout pas du voisinage

Par Justine DEMADE PELLORCE • Journaliste de la Semaine • 26/06/2018 à 12h40

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C’est le quartier de la ville le plus densément peuplé. Pratiquement 4 000 habitants, sur environ 40 000 : le dixième de la population thionvilloise. Construit en vitesse pour loger les ouvriers de la sidérurgie débarquant par flots dans les années 60, le quartier a (mal) vieilli. C’est pourquoi il a fait l’objet d’une ambitieuse opération de rénovation urbaine. Le premier volet s’achevant avec succès, c’est la seconde phase qui s’amorce, centrée sur le haut du quartier cette fois : le secteur Bel Air qui abrite notamment le CHR.

Pendant longtemps Bel Air (le site thionvillois du CHR Metz-Thionville) a été vécu comme une contrainte, le temps est venu d’en faire un atout. Voilà comment les élus et les services de la Ville envisagent le projet de développement du haut de la Côte des Roses.

 

Le secteur Bel Air donc, en haut de l’allée du même nom , abrite le premier employeur de la ville avec 2 088 salariés (chiffre de 2016) travaillant en postes : on estime que 800 à 900 d’entre eux sont présents en même temps sur le site. Vous y ajoutez les personnes qui viennent consulter et celles qui viennent en visite et vous obtenez le nombre de voitures à caser dans cet espace finalement assez étriqué. C’est un des premiers défis à relever dans le cadre du NPNRU (Nouveau projet national de rénovation urbaine) ou ANRU 2 pour mieux marquer la continuité avec les ambitieux projets ANRU qui ont donné un nouveau visage aux “quartiers” des villes de France.

 

Stationnement (nous y reviendrons), mais aussi circulation, habitat, développement économique ont tous été pris en compte dans le projet d’aménagement du haut de la Côte des Roses, qui achèvera la révolution urbaine. La phase de protocole, initialement prévue pour s’achever ce mois de juin sera prolongée jusqu’à la fin de l’année, en raison des difficultés de projection engendrées par l’évolution des règles de financement des bailleurs sociaux.

Boucler les boucles

Pour aller dans ce quartier, il faut pouvoir y circuler, c’est un préalable : c’est pourquoi plusieurs opération de “bouclage” ont été identifiées. Il s’agira d’ouvrir les impasses qui existent aujourd’hui : une succession de petites voies qui mènent à de grands parkings au pied des tours et puis c’est tout. La plus ambitieuse de ces boucles concerne le chemin de Sainte-Anne, qui contourne l’hôpital, mène à la Maison Sainte-Anne (pension de familles gérée par habitat et Urbanisme) puis au parking à l’arrière du CHR et largement sous-exploité. En reliant le chemin à la route du Crève-Cœur, une véritable circulation pourra être initiée et le parking exploité : la jonction a récemment été validée. C’est dans cet esprit que l’hôpital, et plus particulièrement la maternité en cours de construction, sera envisagé dans une approche biface avec accès par l’avant mais aussi par l’arrière.

 

Côté stationnement outre l’incitation à occuper les 160 places existant à l’arrière, la résidentialisation des places en pied des immeubles voisins et sur lesquels déborde largement le stationnement lié à l’hôpital : les parkings des immeubles concernés seront équipés de barrières et les places strictement dédiées aux habitants. Et pour que les personnels, usagers et autres visiteurs se garent, donc, l’aménagement d’un parking silo de 260 places devant le CHR. Encore des navettes qui relieront la Chaussée d’Océanie en contrebas et où devrait passer le BHNS (bus à haut niveau de service). Enfin un parking aérien de 160 places programmé dans au niveau de la maternité.

 

Une fois qu’on vient et qu’on va dans le quartier, on peut par exemple y rester un peu pour consommer ou bénéficier de services : c’est l’un des volets du projet, la recréation d’un pôle d’activités économiques. En complémentarité de l’îlot Saint-Hubert, en contrebas, des enseignes existantes (pompes funèbres et boulangerie) seront relogés au pied du parking, à vocation commerciale. Il est envisagé d’y installer également un boucher, installé rue Sainte-Barbe pour l’heure, et de recréer une activité de coiffure, demande formulée par les habitants. Encore un restaurant et un multi accueil. D’autres pistes encore sont à l’étude : conciergerie, service à la personne… Le tout relié par des cheminements piétonniers et autres trames vertes destinés à accompagner les déplacements.

Remarqué et donc... aidé ?

Autre projet sérieusement envisagé : celui d’hôtel hospitalier. Une offre parallèle, à destination de certains patients dans le cadre de parcours de soins nécessitant des batteries d’examens ou de soins par exemple, mais aussi à certains personnels ou aux familles désirant demeurer à proximité de l’hôpital. Des études sont actuellement menées à l’échelle nationale sur le modèle qui se développe et que la Sécurité sociale pourrait envisager de financer (une nuit dans un hôtel du genre (non médicalisé, rappelons-le) coûte dix fois moins cher qu’une nuit à l’hôpital).

 

Le projet thionvillois a d’ailleurs été retenu parmi d’autres dans cette phase d’expérimentation. Plus globalement, le projet de NPNRU de la ville, estimé à 40 millions d’euros, aurait retenu l’attention au niveau national, expliquent les services qui espèrent ainsi pouvoir obtenir une aide à la hauteur de leurs ambitions. 22 millions d’euros devront être répartis sur les différents projets à l’échelle régionale. Si Thionville table déjà sur une subvention de 6 millions dans le cadre de ce NPNRU, la bonne réception de son projet, Opération d’intérêt régional, pourrait gonfler cette somme.

Logements à prix maîtrisés

Le projet de rénovation ne pourrait être complet sans le volet logement : l’idée est ici de favoriser la mixité sociale et typologique : on rase une partie des barres pour ouvrir la circulation, on transforme les grands logements inadaptés aux compositions familiales actuelles (trop de F6/F7 pour trop peu de familles (très) nombreuses). Et on construit des petites maisons en bande et d’autres, plus haut de gamme, à l’orée de la forêt. Au final, 151 logements détruits et une bonne centaine construits. Rappelons que le haut de ce quartier offre une vue majestueuse sur la ville et rejoint le quartier du Crève-Cœur, l’un des plus prisés en termes d’immobilier. « Nous souhaitons porter ici une opération de logements à prix  maîtrisés », annonce Roger Schreiber, adjoint à l’urbanisme : 170 000€ pour des maisons de 80m2 sur 2 ares de terrain. L’élu se félicite de l’ampleur et des ambitions portées par les  projets ANRU puis ANRU2, qu’il avait initiés alors qu’il était directeur général des services sous Demange et qu’il poursuit aujourd’hui, casquette d’adjoint à l’urbanisme de Pierre Cuny vissée sur la tête. 

 



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