Culture

Patrimoine
Bar-le-Duc : le projet « Théâtre des Bleus de Bar » honoré à l’Elysée

Par Céline LUTZ • Journaliste de La Semaine • 08/06/2018 à 13h00

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Formidable récompense pour la jeune équipe du Théâtre des Bleus de Bar. Jeudi 31 mai, le Président de la République Emmanuel Macron a reçu à l’Elysée, les porteurs de projets patrimoniaux retenus pour le Loto du patrimoine de septembre.

Quand l’association a appris sa sélection parmi les sites emblématiques retenus pour le Loto du patrimoine initié par Stéphane Bern, elle ne s’attendait pas pour autant à être invitée quelque temps après à l’Elysée.

 

Un mail de l'Elysée conviait le 31 mai dernier les 250 porteurs de projet. Reçue donc à Paris jeudi dernier, l'association « Pour la Sauvegarde du Théâtre des Bleus de Bar » a appris que le premier chantier débutera dès ce mois-ci. Les nouvelles fenêtres des loges vont être installées, ainsi que les premières portes de sécurité. Cela fait suite au formidable travail des bénévoles qui ont nettoyé tout le chantier et préparé le terrain pour que cette entreprise puisse œuvrer dans les meilleures conditions. S’en suivra un autre chantier plus important concernant l’une des toitures pour la fin de l’été et ensuite une partie des façades devrait être nettoyée pour la fin de l’année. Ça avance, c’est une évidence !

Un jour mon prince

Il y a tout juste deux ans, nous vous racontions dans nos pages la fabuleuse aventure humaine de trois amis voulant faire renaître ce lieux emblématique de la la cité barisienne. Il était sorti de terre en 1900. D'abord baptisé Nouveau Théâtre, puis Théâtre Jeanne d'Arc, et enfin Théâtre des Bleus de Bar. Il se murmure que c'est pour le « monstre sacré » de la dramaturgie, la tragédienne française Sarah Bernhardt qu'il aurait été construit. Cette scène a connu les succès. Les troupes nationales. Les grands noms aussi, avec la programmation de l'interprète d'Un jour mon prince viendra, grande vedette du disque et de la radio, Elyane Celis. Dans les années 1960, le rideau se referme peu à peu pour ne plus se relever.

 

Les loges deviennent insalubres et le lieu ne respecte plus la réglementation pour l'accueil du public. Le théâtre, devenu privé, est transformé. C'est aux barres parallèles, tables de ping-pong, et appareils de musculation qu'on s'essaye. Les planches deviennent gymnase et trouvent d'autres acteurs. En 2000, les propriétaires s'essoufflent et revendent l'endroit  à l'OPH. Seuls quelques squatteurs et passionnés d'urbex s'y glissent encore.

 

Un papier dans la presse locale fait état de ce théâtre, ni voué à la destruction ni vraiment au réaménagement. L'appel à projet est lancé et ce sont trois copains d'enfance qui y répondent. Trois Barisiens de souche, passionnés de théâtre qui décident de retaper le lieu en créant l'Association pour la Sauvegarde du Théâtre des Bleus de Bar en 2015. Loïc Alif, le musicien, ancien président de l'association « Bar-le-Duc animation ». Anthony Marty, le dramaturge, auteur et acteur. Etienne Tagnon, le chef de projet communication au département de la Meuse.

 

Ensemble, ils bossent dur, statuent sur un budget et rencontrent finalement tous les acteurs du dossier. Bingo ! Quelques mois plus tard, après avoir lancé l'appel au don sur Ulule, la cagnotte dépasse les 12 500 € escomptés. Levée de fonds faite, l'association devient propriétaire des murs. Des étudiants en Histoire de l'Art ou en architecture, d'anciens professeurs, des retraités parfois. Tous se mobilisent et retapent sans compter leurs heures. Côté suivi architectural, c'est Dominique Millet qui tient la barre. « Aussi fou que nous, pétille Etienne, aussi fou mais qui nous permettra d'être crédible sur les aspects techniques et les normes de sécurité lorsque nous irons chercher des subventions. »

 

L'ancien théâtre à l'italienne fait des émules. Tant et si bien que les réparations sont suivies de près par l'une des équipes de TF1, que le rappeur Georgio privatise la salle pour l'un de ses clips. Le trio mobilisent aussi l'ADEPEIM sur des chantiers de réinsertion, le CAUE et des étudiants en bac professionnel pour la réfection des rampes. « On pensait que ça marcherait mais pas autant. Ça dépasse les frontières. »

 

Le reste de la belle histoire s'est joué dans les salons de l'Elysée la semaine dernière. Aujourd'hui, les trois coups n'ont pas encore retenti mais l'espoir de voir un jour le rideau se relever n'est plus un simple rêve.

Avec Elisabeth Vetter (clp)

© Korbo

 



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