Metz

Culture
L'entrée de musée de la Cour d'Or passe de l'ombre à la lumière

Par Aurélia SALINAS • Journaliste de La Semaine • 07/06/2018 à 12h00

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La nouvelle entrée du musée de la Cour d’or a été inaugurée le samedi 2 juin. Après cinq ans de travaux, elle offre davantage de noblesse et de lumière à cette institution culturelle. Premiers pas d’une révolution voulue. Le musée de la Cour d’or doit attirer davantage de visiteurs. Ce qui passera aussi par un renouveau dans le parcours de la visite et dans les espaces d’exposition.

« Il y a le maire de Metz... Celui avec le chapeau...Il est gentil » « Qu'est-ce qu'il fait? Il coupe le ruban. » On passe le temps comme on peut, on tend l'oreille pour écouter les commentaires dignes d'une file d'attente. Alors que le soleil commence à chauffer franchement, le monde s'amasse dans la rue du Haut Poirier. Elle a été coupée à la circulation. C'est sûr il va se produire quelque chose d'important. Deux vigiles interdisent l'entrée du musée de la Cour d'or.

 

Dans quelques minutes, les invités pourront enfin voir le résultat de cinq ans de travaux. Avant, on discute, on commente les arrivées des uns, les tenues des autres. Jean-Jacques Aillagon, Roselyne Bachelot, Carole Gaessler...quelques “people ”viennent participer à ce moment. Ça flotte un peu. On ne sait pas trop ce qu'il va se passer puis le ruban est coupé, puis les portes coulissantes s'ouvrent. Une pente douce mène à un escalier en colimaçon.

Caractère spirituel

De là-haut, on entend des voix d'enfant, celles de la maîtrise de la cathédrale de Metz. L'ascension prend un caractère spirituel. Un peu comme dans une randonnée, le sommet est une promesse. On pense à cette vue, à cet horizon qui récompensera notre effort. Pas de courbatures dans les jambes, après avoir gravi ces quelques marches, mais le souffle un peu court quand même, au moment de découvrir ce nouvel espace. Le lustre en acier prolonge le mouvement de l'escalier. Et en haut, le spectacle tourne à 360 degrés. La bibliothèque est toujours là. Ses rayons ne contiennent aucun livre mais ils racontent quelque chose.

 

Les plus anciens se souviennent des millions d’heures d'exposés préparés ici quand ce lieu était encore la bibliothèque municipale (elle a déménagé au Pontiffroy en 1978). Ces travaux permettent aussi un rappel de l'histoire, de remettre en lumière la frise chronologique du musée de la Cour d'or. Une nouvelle date vient donc de s'ajouter.

« Ici, on est dans l’histoire »

Ce 2 juin 2018, la nouvelle entrée a donc été inaugurée. Le monde est là pour contempler ce passé à l'aune d'un présent lumineux. Les têtes n'en finissent pas d'émerger de l'escalier. La salle se remplit. « J'ai voulu faire un peu de lumière », commente Jean-Luc Bohl alors que le store de la large baie vitrée donnant sur la ville s'ouvre. Le président de Metz Métropole livre d'abord son sentiment face à la découverte du nouveau visage de la chapelle des Petits Carmes. Il qualifie cet instant de « moment de grâce ». « Ici on est dans l'histoire (…) Ce musée a marqué des rêves d'enfants, a accompagné des parcours de vie, a nourri des esprits. C'est un témoin du temps, un trait d'union entre le passé et l'avenir ».

 

Ce nouveau chapitre offre un fabuleux prétexte pour un retour en arrière. Jean-Luc Bohl pense à ceux qui donné au musée quelques années de leur vie. « Jean-Baptiste Keune, le conservateur de la période allemande, Gérald Collot, l'un des grands artisans de la renaissance du musée. » Encore plus loin, il évoque Giovanni Betto, l'architecte des ducs de Lorraine qui avait imaginé un musée, en 1675, dont la chapelle des Petits Carmes devient bibliothèque municipale en 1811. « Aujourd'hui, les rayons ne sont pas vides mais riches des milliers d'ouvrages qu'ils ont contenus ». « Aujourd'hui », répète Jean-Luc Bohl, « nous vivons une nouvelle étape telle que nous n'avions pas connue depuis 1980 quand 35 nouvelles salles avaient été ouvertes ». Presque quarante ans plus tard, le musée de la Cour d'or voit le bout du tunnel et retrouve la lumière. Car, il faut bien l'avouer, cette institution, malgré la richesse de ses collections peut sembler bien austère, quand on se balade dans ses couloirs sombres et labyrinthiques.

 

Jean-Luc Bohl parle un peu de politique quand il convoque cette « métropole qui prend ses responsabilités », avec à sa tête un président qui ne mégote pas sur la culture. Et d'économie quand il salue le travail de deux entreprises locales : Hugon et Créa Diffusion. Jean-Luc Bohl rappelle aussi les objectifs simples de ces travaux : rendre le musée accessible et attirer plus de monde. Il termine en citant Antoine de Saint-Exupéry qui souhaite : « Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. »

« Il y a une fierté régionale et nous vous la devons »

« Regardez où nous sommes », lance à son tour Dominique Gros. Le maire compare ce musée à la ville où il est installé. « Il est sidérant. Comme Metz ! Mais il faut arriver à faire venir les gens dedans. Après ils sont cuits, ils aiment Metz ». Dominique Gros qui termine : « Il n'y a pas de musée municipal ou métropolitain. Il y a un musée de la population ».

 

Pascal Mangin, responsable de la culture dans la région Grand Est  lance carrément : « Il y a une fierté régionale et nous vous la devons. » Quand le préfet, Didier Martin estime que cette réouverture possède « une portée nationale ». Mais l'histoire ne s'arrête pas là. « Il ne s'agit que d'une étape dans la vie du musée », estime Philippe Brunella, le directeur du musée. Il ne suffit pas que les gens entrent au musée, découvrent ce nouvel espace d'accueil, il faut qu'ils aient envie d'aller plus loin. Tout le parcours de la visite doit être revu  avec un meilleur éclairage et des cartels plus visibles. Les buts sont également de mieux utiliser les collections du musée et sa surface. Le grenier de Chèvremont pourrait ainsi devenir un espace d'exposition.La restauration des façades de la cour intérieur va débuter. Les chantiers, qu'ils soient matériels ou intellectuels ne sont pas encore terminés. Mais il s’agit quand même de savourer celui qui vient de s’achever. Depuis le dimanche 3 juin à 9h, le public peut découvrir son nouveau musée, gratuitement jusqu’au 8 juillet. 

 



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