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SLUC : couru d’avance...

Par Pierre TARIBO • Journaliste de La Semaine • 01/06/2018 à 16h15

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Eliminé des play-offs par Fos-Provence en deux manches sèches, le club nancéien ne retrouvera pas la Jeep Elite. Retour sur une saison très décevante.

Aau vu de cette triste sortie, nul ne nous en voudra d’avoir le regard précis, l’analyse sévère et la canine mordante. Allons plus loin : compte tenu du budget : le premier de la division, être sorti de la sorte dès les quarts de finale des play-offs, c’est impardonnable. Au-delà de la défaite, il faut considérer tous les tourments, les doutes, les erreurs qui expliquent la chute d’un club qui se consume.

 

On nous dira que dans la distribution des bons et surtout des mauvais points, il faut tenir compte d’un début de saison mal emmanché et plombé dès le début de la préparation par la blessure de DaShaun Wood, meneur de haut niveau et leader désigné d’une troupe où nul n’a ensuite repris le leadership.

 

N’oublions pas non plus le choc ressenti à l’intérieur du club après la disparition de Marc Barbé. Un deuil cruel qui outre ses conséquences humaines,  a conduit à un nouveau changement au sein de la structure dirigeante qui a mis quelques semaines, jusqu’à l’élection à la présidence du directoire de Philippe Durst, pour retrouver son assise.

 

Au moment de tirer les leçons de cette pauvre saison, il faut prendre en compte ces éléments qui ont pesé mais ne justifient pas tout. Alors examinons l’addition des fautes commises dont la succession explique la sanction sportive

I-Le recrutement

Raté sur toute la ligne. Ivan Aska n’est pas un pivot, ce qui a privé l’équipe d’un point de fixation. Mickaël Var (puni par le coach lors du match retour contre Fos) est tout sauf un grand défenseur. Trop nonchalant et farouchement irrégulier, il n’a fonctionné que par fulgurances, d’autant que la progression de Valentin Chery qui l’a supplanté dans le cinq de départ, a noyé le peu de confiance qui lui restait. Lemar, blessé d’entrée lui aussi, a plus ressemblé à un fantôme qu’au shooteur espéré. Quant à Shevon Shepherd arrivé pour le suppléer, il n’a jamais paru très impliqué. Jouant pour lui, il n’a pas ni convaincu ni fait vibrer Gentilly. Enfin Philippe Braud qui a souvent perdu la mire et  Gaëtan Clerc, combatif et souvent chef de meute, ont témoigné d’un état d’esprit irréprochable. Mais est-ce suffisant pour peser de manière déterminante ?

 

Reste Dewayne Russell. Le rookie venu pour suppléer Wood a d’abord séduit et parfois fait rêver. Puis les défenses l’ont ciblé. Dès lors le joueur d’inspiration, s’est un peu étiolé. Pris dans la nasse il  porte trop la balle. Conclusion, il est tout sauf un meneur gestionnaire qui donne le tempo, prend les choses en main  et se caractérise par sa célérité et la précision de ses choix. Si bien qu’à l’heure des comptes son biotope sportif très contrasté incite à se poser la question : peut-il viser le haut du panier  où n’est-il encore qu’entre deux mondes ?  Une chose est sûre, toujours impliqué, il a fait preuve d’une mentalité irréprochable, tout comme Gary Florimont de retour après une saison quasiment blanche à la suite de sa blessure au talon d’Achille. Beaucoup et injustement critiqué, c’est un combattant, un homme de mission  qui défend et bataille sans s’économiser. Oh, il n’est pas très « bankable » mais en Pro B on a moins besoin d’un All Star que d’un homme de l’ombre.

II-Le projet jeune

Annonciateur d’une nouvelle époque  et destiné à s’appuyer sur le centre de formation , il paraît séduisant dans l’absolu. Sauf que contrairement aux discours tenus et entendus, rien n’assure que la chrysalide va devenir papillon. En Pro B, championnat dur, difficile, mieux vaut s’appuyer sur de vieux forbans des parquets que sur des moussaillons, talentueux sans doute mais un peu tendres pour être propulsés au rang d’éléments majeurs.

 

Bien sûr William Narace qui sera JFL la saison prochaine et Valentin Chery ont fait valoir un véritable  potentiel, cependant dans une équipe visant la montée, il faut trouver le bon dosage entre les oisillons et les grognards. Alors quand on nous parle de construire autour du quatuor Narace, Vautier, Goudou-Sinha, Chery, on s’inquiète devant l’ampleur du défi et le creuset de forces vives alimentées avec les moyens du bord.

III- Le coach

Grégor Beugnot avait échoué dans l’opération maintien mais, il bénéficiait à l’époque de circonstances atténuantes, ce qui avait incité le directoire à privilégier la stabilité.

 

Cette saison, le coach a fait le recrutement selon ses idées, mais s’il parle toujours de développement à venir  et d’ajustements dans la construction de l’équipe,  il n’a pas atteint l’objectif en termes de résultats et d’identité de jeu.  Offensivement c’était d’une pauvreté absolue et comme il n’y avait pas d’âme, le crash était inévitable.    

 

Dans ces conditions peut-il rester ? Philippe Durst qui a hérité de la situation, a refusé de s’exprimer à chaud, mais chacun a bien compris  qu’avec le directoire il s’interrogeait sur la suite à donner. Pas de coup de cœur  donc. Alors un coup de gueule allant jusqu’à la rupture ? Pas impossible. Il serait même très étonnant que les deux hommes se disent « à la rentrée » !

IV-Les raisons du fiasco

C’est difficilement compréhensible au regard du budget :  le SLUC est englué à une place indigne de son histoire. Contrairement aux déclarations anesthésiantes de quelques-uns, le club est sportivement dans une situation alarmante. Le paradoxe, c’est que les indicateurs économiques sont bons. Un comble pour  une équipe qui, ces dernières années a tiré le diable par la queue. Les finances sont saines mais c’est le répondant sportif qui est ankylosé. Si l’on mesure à quel point il est difficile de monter, il est clair  qu’un statu quo nous conduirait vers des jours terriblement incertains. Pfuit, on a le soutien du public disent certains disciples du docteur Coué. Vraiment ?  L’affluence du dernier match à Gentilly : 4 472 spectateurs est un signal suffisamment alarmant pour être entendu. Qu’on se le dise le SLUC est en danger. Sous peine de foncer vers le précipice il doit rectifier des principes, des fonctionnements et des choix. Que chacun, à son niveau, assume ses responsabilités.  On ne tombe jamais par hasard au fond trou.

La rumeur du départ de Greg Beugnot

Elle court  la rumeur, elle dribble, elle s’amplifie, elle prend de la consistance. Pas extravagant du tout tant la saison du SLUC a été décevante. Si le président Philippe Durst reste muet, le temps de boucler, probablement la négociation, le monde des agents s’agite et bruisse d’autant fortement plus que les joueurs du SLUC ils n’en font pas mystère, ont appris de la bouche même de leur coach, qu’il était démis.

 

On se doute que Philipe Durst  n’est pas en situation de communiquer parce qu’il respecte les formes et l’homme sur le point de quitter le club avant la fin de son contrat, et qu’il est animé par la volonté de trouver un accord amiable et équilibré avec son futur-ex-entraîneur. Ensuite il sera temps de préparer l’avenir qui s’écrira sans Greg Beugnot dont les références et le vécu n’ont pas suffi à redresser sportivement le SLUC dont le chantier reste entier. A l’heure où nous bouclons nous en sommes là, mais comme dit l’adage, il n’y a pas de fumée sans feu.   
 



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