Moselle-Est

Portrait
Stéphane Bour, le bourreau de trouvailles

Par Arnaud STOERKLER • Journaliste de La Semaine • 29/05/2018 à 12h00

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Quel est le point commun entre une tablette tactile made-in Moselle-Est, la marque d'insectes comestibles Ïhou à Faulquemont, le célèbre parcours boueux du NaborRaid et un futur tournoi de jeux vidéo prévu à Saint-Avold en 2019 ? Y plane à chaque fois l'ombre de Stéphane Bour, un entrepreneur local jamais en mal d'idées. Et qui n'hésite surtout pas à les mettre en œuvre, malgré les risques.

« Après avoir obtenu mon baccalauréat, j'en ai tenté un autre l'année suivante. Je suis donc double-bachelier. » Voilà qui pose le profil hyperactif de Stéphane Bour, en même temps que sa bonhomie : l'entrepreneur natif du pays boulageois révèle cette ligne de curriculum vitae sans aucune forfanterie, l'air amusé, riant comme un enfant heureux de partager sa blague. Rien de foncièrement drôle ne s'échappe des réussites très sérieuses qui jalonnent son parcours personnel, peuplé de petites audaces parfois devenues grandes : après avoir participé à la fabrication d'une tablette tactile et d'un téléphone mobile avec l'entreprise luxembourgeoise Slystap's (aujourd'hui Vold) en 2014, co-fondé la marque d'insectes comestibles Ïhou à Faulquemont en 2016 ou encore participé à la création d'une course dans la boue à Saint-Avold, la NaborRaid, Stéphane Bour sera nommé président du Rotary-club naborien le 1er juillet. L'occasion de monter son prochain coup, un « tournoi de jeux-vidéo dans l'Agora de Saint-Avold les 14, 15 et 16 juin 2019, en partenariat avec l'Helios Gaming School de Freyming-Merlebach, où il y aura des centaines d’ordinateurs et une foule d'invités de marque comme des youtubeurs ».

 

L'enthousiasme débordant de cet homme de 44 ans ne date pas d'hier : « Depuis toujours, tout ce que je touche me passionne. C'est emmerdant », souffle-t-il jovialement. Exemple : avant d'obtenir son double bac, il a eu le temps de décrocher avec l'aide d'autres camarades un prix scientifique pour la conception de hublots polarisants – « la vitre devenait opaque sans volet, grâce à des cristaux liquides » –  et un autre récompensant « la meilleure image de vidéoclip scolaire » pour avoir rejoué Les valses de Vienne de François Feldman au château de Pange.

 

Le travail et la contemplation, l'Est-mosellan sait les mêler : « Je parcours 70 000 kilomètres en voiture chaque année, mais il m'arrive parfois de m'arrêter simplement pour admirer une église, une lumière ou un coucher de soleil. »

« Gestion de crise »

La « foultitude d'idées » et d'aventures menée de front par Stéphane Bour pourrait laisser croire à une forme d'éparpillement de l'homme. C'est mal le connaître : tous ses projets coulent d'une même veine, celle d'un « esprit d'entreprendre » où prises de risque et remise en cause permanente côtoient rigueur et exigence. « Pour réussir ses projets, il faut savoir se dépasser. Et ne jamais avoir peur de se planter, parce qu'on peut toujours se relever », assène-t-il tranquillement.

 

Son expérience personnelle le prouve : il a lancé en 2007 sa propre société de conseil en hygiène et en sécurité alimentaire à destination des entreprises agroalimentaires (aujourd'hui BSC-Experitis), l'a agrandie en 2015 d'un laboratoire d'analyse et de contrôle micro-biologique désormais plébiscité par « plus de 200 clients », et a géré jusqu'à huit salariés avant de redescendre à trois, après un « simple impayé d'une entreprise » qui a failli lui faire « tout perdre ».

 

Pas de quoi « faire déposer les armes » à Stéphane Bour : son expérience militaire d'une dizaine d'années à l'état-major de l'armée de l'air, énième chemin de traverse choisi après avoir décroché son diplôme en pharmacie, lui a appris « la gestion de crise », vécue au quotidien dans sa boîte au gré des problèmes sanitaires rencontrés par ses entreprises-clientes.

 

S'il avoue « avoir besoin de vitamine D » pour suivre le rythme infernal qu'il impose à son existence, sa nature l'y aide aussi : « Il ne me faut que quatre heures de sommeil par nuit. Forcément, ça laisse du temps à ma machine de tourner, là-haut », confie-t-il en pointant son front du doigt. L'arrivée de la quarantaine l'a conduit à freiner son rôle d'« homme-orchestre » pour « se concentrer sérieusement sur son métier et le Rotary-club », mais Stéphane Bour n'arrêtera sans doute jamais de mesurer ses limites : « Pour aider mon fils à réviser son bac, j'ai décidé de le repasser avec lui dans trois ans », souffle-t-il. L'air toujours aussi amusé.
 

 



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