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Thermes de Contrexéville : une vente et un vrai projet de territoire !

Par Brigitte BOULAY • Journaliste Actu88 • 03/05/2018 à 11h00

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Le conseil municipal du 24 avril a voté à l’unanimité la vente des thermes de Contrexéville (détenus à 85% par la ville) à deux investisseurs privés locaux. La nouvelle holding FC2L fait de leur modernisation et de leur commercialisation un projet de territoire qui a séduit !

« Les thermes de Contrexéville, ce sont 250 ans d’histoire », observe Luc Gerecke, maire de Contrexéville. Ils sont en tout cas le poumon de la ville et elle a dû constituer une Société d’économie mixte et reprendre la gestion le 1er janvier 2011 en attendant de trouver un repreneur.

 

La holding FC2L est constituée de 2 entreprises : la société 2L Logistics de Houécourt (88) représentée par Laurent Lémond et la société Procuratio Solutions de Ney (39) représentée par François Chalumeau, l’actuel directeur. Elle allie une parfaite connaissance de la situation des thermes et de son potentiel à l’assise d’un groupe, 2L logistics spécialisé dans le transport routier de véhicules légers et utilitaires. Ce groupe a une représentation sur tout le territoire français, compte près de 400 salariés, un staff de compétences et il a les moyens d’avoir une vision économique du développement. Il apporte au projet sa crédibilité et une méthodologie industrielle.

 

La holding rachète le fonds de commerce à la SEM, mais les bâtiments restent propriété de la ville qui les louera aux repreneurs pour un loyer proportionnel au chiffre d’affaires. Actuellement il est de 26 300€ et pourra évoluer jusqu’à 40K€.

Des investisseurs locaux motivés

« Nous avons mis 7 M€ en 7 ans, c’est lourd pour une petite ville, précise le maire, qui croit en cette proposition de reprise. Le déficit était de 250 K€ annuels pour Euro­spa, de 100 K€ depuis que nous avons fait le nouveau bassin et il devrait être de 150 K€ cette année. Chaque année, nous étions obligés de recapitaliser et il devenait de plus en plus difficile de trouver des partenaires privés puisque la ville ne peut pas posséder plus de 85 % du capital. »

 

Laurent Lemond et François Chalumeau faisaient partie de ces sociétaires privés qui possédaient déjà 5 % des parts. Ils ont décidé d’y aller ensemble, plutôt que de faire intervenir un fonds d’investissement.
Le futur projet parie sur l’agrément rhumatologie qui devrait permettre de gagner 1 000 curistes annuels sur des cures longues de 3 semaines. « C’est le seul créneau de soins qui évolue régulièrement dans les établissements thermaux. Il est en progression de 5% chaque année », constate Luc Gerecke. La ville a financé une étude (300 K€) pour savoir si l’agrément en rhumatologie avait un véritable potentiel. Mais il faut de 3 à 5 ans pour l’obtenir. Ce qui reporte ce développement potentiel à 2022.

Un établissement au fort potentiel

« Nous sommes sur une zone naturelle préservée où il n’y a pas de pesticides, ni de pollution, nous avons un nouveau bassin très attractif et la station plaît beaucoup, défend François Chalumeau. Contrexéville a un vrai potentiel, mais il faut investir ! Certaines installations sont fonctionnelles mais elles ont besoin d’être remis au goût du jour. Elles ne donnent plus forcément envie d’y venir. Le parc d’hébergement est vieillissant et les thermes ont fini par n’avoir plus qu’une seule spécialité minceur beaucoup trop limitative. »

 

Les repreneurs prévoient de reprendre une partie de la commercialisation en complément de celle qui est faite par l’office de tourisme pour pouvoir adapter leurs promotions à la fréquentation et disposer d’une réactivité d’adaptation des formules en vente flash en fonction du remplissage. Pour mener à bien cette politique marketing, ils ont recruté une responsable marketing qui prendra ses fonctions en septembre. Elle aura également en charge la vente en ligne et la communication sur les réseaux sociaux.

 

En attendant l’agrément, les repreneurs veulent développer l’offre Bien-Être avec des formules à la carte sur la journée qui permettraient de gagner une population locale. « Le spa est super sympa mais il n’est pas connu par la clientèle locale, qui peut coupler activités sportives et détente », poursuit le directeur. En 2017, le spa a fait 9 000 entrées. « Nous pourrions doubler sur les 5 ans », projette-t-il.

Moderniser la zone sauna-hammam

Le premier investissement sera pour la zone sauna-hammam, qui sera modernisée et relookée à l’automne. Les terrasses seront réaménagées pour pouvoir profiter de la vue sur la ville à partir du solarium ou du jacuzzi.

 

« Le nouveau bassin est plébiscité, l’accueil par le personnel aussi, mais les clients veulent y trouver une ambiance, poursuit le repreneur. Nous savons que cette année sera difficile, puisque nous ne serons opérationnels qu’à partir de septembre et que la saison sera déjà jouée. » Ils prévoient donc un déficit de 150 K€ pour 2018 mais ils projettent de parvenir à l’équilibre en 2 à 3 ans dès qu’ils obtiendront l’agrément en rhumatologie. Sur 105 établissements, seulement 3 ne l’ont pas. Actuellement, les thermes comptent 400 curistes en soins pour un potentiel de 1 500 places. Gagner 1 000 curistes par cet agrément rhumatologie changerait la donne.

Une résidence connectée

Le 2e gros projet sera la construction d’une résidence d’hébergement connectée aux thermes. C’est-à-dire que les clients pourront passer directement de leur chambre aux soins en traversant en peignoir par une galerie. La capacité sera de 50 logements de type 2, avec un confort 4 étoiles. Le coût est estimé à 5 à 6 M€ pour une livraison en 2022.

 

Les repreneurs prévoient d’investir chaque année 80 K€ pour la rénovation et l’entretien et 50 K€ pour acquérir  du nouveau matériel. « Ça motive les équipes et les clients voient ce qui est nouveau et ils apprécient », poursuit le directeur. Enfin, ils comptent développer les séjours « séminaire » ou cadeaux d’entreprises, qui donnent droit à une défiscalisation intéressante et permettraient de compléter l’offre hors saison. Laurent Lemond utilisera sa force commerciale pour déposer des catalogues et faire connaître l’offre.

 

La ville s’occupe parallèlement de rechercher des investisseurs pour créer des meublés en location et le camping vient de s’équiper de mobil-homes déjà tous réservés. « Dans un rayon de 10 km, on a tout. Il y a du potentiel et nous nous donnons les moyens de le valoriser. Nous y croyons ! », concluent François Chalumeau et Laurent Lemond et ils ont convaincu ! D’autant plus que le projet intègre la création d’une vingtaine d’emplois directs pour 200 emplois indirects en 5 ans !



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