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Moselle-Est

La question qui pique
Moselle : le bassin houiller est-il vraiment un territoire sinistré ?

Par Arnaud STOERKLER • Journaliste de La Semaine • 07/05/2018 à 12h00

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Selon la dernière note de conjoncture établie par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) du Grand Est, l'ancien bassin houiller de Forbach et de Freyming-Merlebach affiche l'un des plus forts taux de chômage de la région. Les offres d'emploi y sont pourtant légion et diversifiées d'après Caroline Bildstein-Bouleau, responsable d'une agence de Pôle emploi à Forbach.

« Dire du bassin houiller qu'il est un territoire sinistré, où il n'y a pas d'emploi, n'est pas vrai. Les offres d'embauche existent, et elles sont nombreuses » Voilà le beau petit pavé dans la mare lancé par Caroline Bildstein-Bouleau, responsable de l'une des deux agences du Pôle emploi forbachois, qui couvre le territoire des intercommunalités de Forbach et de Freyming-Merlebach. Besoin de chiffres et d'exemples concrets ? C'est par ici : le service public a été informé l'an dernier sur ce secteur géographique de 21 691 déclarations préalables à l'embauche déposées par des entreprises auprès de l'Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales). Soit autant d'offres d'emploi, dans des secteurs aussi variés que « la propreté, les métiers d'aide à la personne, l'hôtellerie-restauration, le transport ou encore les produits de bouche », égrène Caroline Bildstein-Bouleau. « La boulangerie, la boucherie-charcuterie ou encore les professions liées à la beauté, comme esthéticienne, connaissent de fortes demandes. Le domaine du bâtiment aussi, en pleine reprise depuis six mois, et celui de l'industrie », précise la responsable locale du Pôle emploi. Les métiers les plus recherchés dans ce dernier univers sont nombreux : « Opérateur de commande numérique, technicien de maintenance, plasturgiste, électromécanicien ou encore outilleur », constate-t-elle.

 

Une autre demande récente découle, elle, de la Frankreich Strategie, cette volonté du land de Sarre de devenir bilingue d'ici 2043 : « Les Kindergarten (jardins d'enfants, ndlr) allemands cherchent du personnel éducatif », note Caroline Bildstein-Bouleau. « Beaucoup de gens passent à côté des opportunités dans ce pays frontalier, par peur de la barrière de la langue. Mais certaines industries sarroises s'adaptent aux Français en prévoyant des règles de sécurité dans la langue de Molière ou des robots manipulables grâce à une interface plurilingue. »

Rapidité et adaptation

Le taux de chômage atteint actuellement 12,5% sur les intercommunalités de Freyming-Merlebach et de Forbach, toutes catégories confondues. Les demandeurs d'emploi inscrits aux deux Pôle emploi forbachois, en charge de ce territoire, sont quant à eux 13 000... bien moins, donc, que les 21 691 offres d'emploi réceptionnées l'an dernier par le service public. La comparaison possède ses limites, comme ses éclaircissements sur la situation vécue aujourd'hui par le bassin houiller : « Naturellement, les profils professionnels dont nous nous occupons ne conviennent pas forcément aux offres d'emploi disponibles, d'où ce hiatus », constate Caroline Bildstein-Bouleau. « Mais il m'est arrivé récemment de voir quelqu'un refuser un CDI dans l'industrie, alors que c'était sa formation initiale. »

 

Qu'est-ce qui cloche, alors ? « Déjà, l'évolution du marché du travail est très rapide, parfois davantage que les formations professionnelles elles-mêmes, et impose aux gens une grande capacité d'adaptation », estime la responsable. « Il y a aussi une peur latente du changement chez certains, qui ont du mal à se lancer ou se relancer. Il existe pourtant des aides, des formations, un soutien jusque dans les entreprises qui peuvent leur permettre de retrouver facilement un emploi, même sans grand diplôme. »

 

S'il revient à Pôle emploi de « promouvoir les métiers qui embauchent auprès de leur public », la tâche s'avère parfois difficile face à la vision archaïque collée dans l'imaginaire collectif à certaines professions : « Dans le secteur du bâtiment, les gens s'imaginent porter des sacs de ciment à longueur de journée, alors que ces missions ont naturellement évolué avec le temps, notamment grâce à de nouveaux outils. »

 

S'il n'est pas encore passé, voici le message porté par Caroline Bildstein-Bouleau : « Il y a des opportunités salariales très variées sur le bassin houiller, et pas de sous-métiers. Même quand un profil ne correspond pas à 100% à un métier, il est possible de s'adapter. »

 



1 réaction

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Par Luxo
 • Peu importe
11/05/2018 • 14:13

Il y a en Lorraine, bien plus qu’ailleurs, une très grande quantité de gens qui ne sont plus en mesure de travailler.... 

 
 

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