Cinéma

La critique de Fernand-Joseph Meyer
"L'Ile aux chiens" de Wes Anderson, c'est canon

Par Fernand-Joseph MEYER • Correspondant de La Semaine • 01/05/2018 à 18h15

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C'était en 2009. Le premier long-métrage d'animation de Wes Anderson «Fantastic Mr. Fox» nous a sidéré par sa virtuosité et son inventivité. Il récidive avec une nouvelle histoire de bêtes à poils pour laquelle il retrouve les mêmes collaborateurs, à commencer par Felicie Haymoz pour le «design» général, Alexandre Desplat pour la musique (plus percutante que jamais) et des co-scénaristes comme Roman Coppola ou Jason Scwartzman.

C'est à nouveau la «stop motion» qu'utilise Wes Anderson - une technique d'animation image par image avec des figurines, des marionnettes et des objets en trois dimensions. Le résultat est époustouflant. On ne sait où donner de la tête, où diriger nos regards tellement l'imagerie déployée par Wes Anderson flamboie de couleurs et d'émotions de toutes sortes.

 

 

C'est un récit futuriste tendrement décalé. Une dystopie qui nous entretient de ce qui arrive dans vingt ans au Japon, dans la fictive ville de Megasaki qui pourrait cousiner avec Nagasaki ou Fukushima. Le maire Kobayashi qui a le visage coupé au couteau comme l'acteur Toshiro Mifune familier du cinéma d'Akira Kurosawa décide de déporter sur l'île Poubelle les chiens coupables de propager la grippe canine. Un petit garçon Atari, déjà pilote d'avion expert, investit l'île qui n'est qu'un immonde conglomérat de déchets. Des chiens très synonymes - Chief, Boss, Duke, King et Rex ! - l'aident pour retrouver son chien. Des robots canins le poursuivent alors qu'à Megasaki une adolescente plus écolo que Hulot parlant japonais sans sous-titres mène son enquête pour comprendre pourquoi les chiens aboyant en anglais sous-titré sont ainsi discriminés...

 

L'histoire se ramifie en décors et personnages nouveaux et, contrairement au limpide «Fantastic Mr. Fox», «L'Ile aux chiens» déroute parfois alors qu'on se fourvoie avec un plaisir toujours renouvelé dans un récit simplement picaresque que double une fable écolo-politique dépassée elle-même par de pertinentes spéculations d'ordre dystopique. On reste cependant en parfaite symbiose avec la beauté imprégnant les méticuleux plans d'étourdissantes séquences encyclopédiques - la joyeuse confection d'un sushi ou l'acte chirurgical pratiqué avec une hilarante dextérité. Ce sont autant de tableaux vivants grouillant de réel par lesquels on assouvit notre bonheur de spectateur réconcilié depuis au moins un siècle avec le cinéma d'animation très souvent plus pertinent que l'autre cinéma que d'aucuns réservent curieusement aux «grands» spectateurs...



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