Passions

La chronique de Jean-Marc Louis
Les vrais visages du courage et de l’héroïsme

Par Jean-Marc LOUIS • Correspondant de La Semaine • 16/04/2018 à 17h00

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Le meurtre du colonel Beltrame a suscité maintes réactions assorties de références à l’héroïsme, au courage...

Il est à craindre que le contexte émotionnel généré par l’acte terroriste n’ait pas conduit à saisir le sens plein de ces mots, la vraie nature du sacrifice de l’officier et ce qu’il peut signifier pour nous. Le courage se distingue de la bravoure, de la témérité et autres notions auxquelles on l’assimile à tort et qui font référence entre autres à des caractéristiques psychologiques qui permettent à un individu de vaincre sa peur notamment en  bravant un  danger.

 

Le courage  relève en fait de la morale dont il constitue une des vertus fondamentales. En ce sens il tire sa nature en référence aux valeurs humaines et ne peut donc être assimilé à un quelconque mécanisme psychique. En tant que vertu, il n’est pas une réalité occasionnelle, la velléité d’un moment mais une disposition permanente à servir le Bien. En ce sens ses synonymes sont beaucoup plus « grandeur d’âme », « générosité » au sens cartésien du terme à savoir cette volonté d’entreprendre et d’exécuter toutes les choses qu’on juge être les meilleures pour l’Homme. Par là-même, le courage ne peut être dissocié de la responsabilité.

 

On oublie par trop que l’étymologie de « courage » est « cœur », le cœur spirituel de l’être humain. On mesure à cela que le courage s’inscrit dans une dimension philosophique et spirituelle puisqu’il implique la conscience de l’Humain et, dans le cadre de notre liberté, celle d’un engagement au service de ce qui le fait. Il est dommage que le laïcisme et le rationalisme liés au matérialisme qui caractérisent notre société aient fait passer à la trappe certains pans de la personnalité d’Arnaud Beltrame que ses proches  ont pourtant mis en exergue. A savoir sa foi religieuse, son engagement maçonnique dans une obédience théiste qui sont autant d’itinéraires qui témoignent d’une vie spirituelle forte et qui donnent une autre dimension à son sacrifice.

 

Peut-on alors parler d’héroïsme ? Certes pas dans l’acception que porte notre culture actuelle qui fait la promotion, notamment auprès de notre jeunesse prompte à s’identifier à eux, de ces super-héros masqués et costumés, robots humanoïdes, aux comportements extraordinaires qui justifient leur violence par des semblants de justice. On ne peut faire référence non plus, effet de cette mode emphatique qui caractérise pour beaucoup le regard que nous portons sur les choses, à la signification galvaudée voire usurpée du mot qui  définit l’héroïsme par des actes qui sortent de l’ordinaire. L’héroïsme ne peut se comprendre autrement qu’en tant que geste d’amour qui s’inscrit dans une quête attachée à donner du sens à sa vie. Dans une démarche fondée sur la volonté d’être fidèle à soi-même et ce, au-delà de la notion même de devoir, au service d’un Idéal pour lequel on refuse de subir : l’Homme. En cela Arnaud Beltrame est un héros.

 



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