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Metz

Résidence d'auteur
Metz : les mots swing de Tom Buron

Par Camille MALNORY • Journaliste à La Semaine • 12/02/2018 à 11h00

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Invité par la maison d'édition messine L'Atteinte, Tom Buron, 25 ans, s'est installé en résidence à TCRM-BLIDA fin janvier pour travailler sur un recueil de nouvelles. Entre pulsions de vie, liberté du verbe et transe musicale, il livrera une partie de ses mots passés et présents au public lors d'une lecture publique le 13 février prochain à la librairie La cour des grands.

« Ce que je suis ? Un écrivain, c'est l'essentiel. Mon existence est intrinsèquement liée à l'écriture, je n'aurai pas pu faire autre chose. » Certains commencent par donner leur âge, leur ville, Tom Buron donne directement le ton. On saura tout de même qu'il est originaire de banlieue parisienne, né en 1992 - « dans un taxi », pour la légende – qu'il a traîné ses fesses sur les bancs de la fac d'histoire d'Evry-Val d'Essonne – pour la pluridisciplinarité – puis de philo à Paris 8 et qu’il fait des jobs alimentaires pour mettre de l’encre dans la plume.

 

Enfant, il découvre la poésie, les auteurs du XIXe sont ses amours littéraires adolescentes : Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, « des romantiques, exactement ce que j'étais à l'époque ». Puis il se tourne vers d'autres lettres, les grands classiques américains, Blaise Cendrars l'éclectique qui passe de la poésie au récit et Céline, oh Céline, « le plus grand styliste du XXe ». Pas la peine de l'aiguiller sur une quelconque polémique politique, le sujet est ici l'œuvre.

 

Il aime la prose et la rime « élégante, qui dégage du swing. Le plus important c'est de prendre des risques, la poésie c'est comme la vie que tu choisis de mener, sans danger, ce n'est pas drôle ». D'ailleurs, il déteste une grande partie de la « production actuelle qui reste sur ses acquis » et n'a pas la langue dans sa poche pour dire que non, lui n'est pas à foutre dans le même panier. On ne sait pas trop sur quel pied danser avec Tom. Se dégage de son discours une confiance qui friserait presque la fanfaronnade, mais il a aussi l’air sur le fil, Pierrot qui cherche sa place.

Sans frontières

Le jeune homme n'aime pas les étiquettes : « On me rapproche des auteurs de la Beat Generation ou des poètes du Grand Jeu (revue littéraire de la fin des années 20, ndlr) qui proposaient un nouveau langage, de nouveaux espaces et d'éclater tout ce qu'il était possible de faire. Je m'en réclame mais ça m'emmerde d'être dans cette case. » Cite aussi l'Américain James Joyce ou le Chilien Roberto Bolaño qui ne s'embarrassaient pas de frontières entre les genres : « Poésie, récit, tout est lié pour moi. Le roman classique n’a plus de fondements. »

 

Le jeune homme a publié deux recueils de poésie Le blues du XXIe siècle et Nostaljukebox ainsi que plusieurs nouvelles dans des revues et fanzines françaises, belges, américaines. « Un bon moyen de faire ses armes. »

 

Sa prose claque, fleuve et libre. Elle emprunte à l'espagnol, à l'anglais, à l'arabe, à d'autres cultures et langages. « Je suis un gars des faubourgs, j'aime l'argot qui nourrit mes mots. » Lui qui considère la musique comme « l'art suprême », s'inspire beaucoup des musiciens et du jazz. On note d’ailleurs un sax, en pendentif autour de son cou. Ses lectures publiques se font toujours sur ces sons vibrants, cocons mélancoliques ou enlevés, celle du 13 février à la Cour des Grands ne fait pas exception. « Le rythme en poésie et en littérature, c’est le plus important. »

L’Ailleurs

Il s’agit de son troisième séjour sur les terres mosellanes, la première en résidence. L'Atteinte, maison d'édition ouverte à Metz en juillet 2017, l'a fait venir et lui a proposé quinze jours de travail et « d'échanges » ensemble autour d'un recueil de nouvelles. Il écrit dès potron-minet, se promène avec un carnet – dans sa main pendant l'entretien. Participe aussi à des conférences et va intervenir devant une classe du lycée Cormontaigne.

 

Il apprécie de ne pouvoir penser qu’à ses mots, libéré du quotidien et surtout dans un autre cadre puisqu’on
« n’écrit jamais mieux qu’ailleurs »  : « Je m’inspire de mes obsessions, des excès de la vie, de l’amour, la ville. Je regarde les personnages qui sont en quête, à qui il faut autre chose pour vibrer. Je suis un peu un dinosaure, un type d’avant, le XXIe siècle a parfois quelque chose d’inquiétant. Si je pouvais englober tous les paysages du monde dans mes textes, je le ferais. »

 

Difficile pour lui de mettre des mots sur tout ça, parce qu'encore une fois, les cases sclérosent la créativité... mais il finit par lâcher : « En écrivant, je paye mon dû. Je rends un peu du merveilleux et de l'horreur du monde. » Et rit : « J'ai un lien assez mystique à la littérature. » Le reste, c'est du travail. Beaucoup de travail.

 

Le 13 février prochain à la libraire La cour des grands, rue Taison, à partir de 18h30. La lecture de poèmes tirés de ses recueils de poésie et de textes inédits écrits durant son séjour à TCRM-BLIDA sera accompagné d’un musicien jazz....et de quelques bouteilles de vin. Epicurien donc.



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