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Gestion
L'eau, or qui coule dans les réseaux de Metz Métropole

Par Gaël FORMENTIN • • 12/02/2018 à 13h15

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La fin du contrat d'affermage qui lie le nouveau Syndicat des eaux de la région messine (SERM) à la société Véolia, en août prochain, pose la question du mode de gestion du réseau d'eau potable. Alors qu'un collectif citoyen composé principalement de forces de gauche milite pour une régie publique, René Darbois, adjoint écologiste au maire de Metz élu à la tête du SERM le 9 janvier, veut se donner une année supplémentaire pour débattre et mettre sur la table les différentes options, « sans dogmatisme ni religion ».

« Quand il n'y a pas de problème, on pense que l'eau arrive presque par hasard au robinet. » Ça coule de source, ou presque. René Darbois le sait, la réalité est un peu plus complexe. Avant d'arriver dans les foyers, l'or bleu chemine à travers un maillage souterrain tentaculaire. Historiquement, la ville de Metz capte la quasi totalité de son eau potable dans le Rupt de Mad, les sources de Gorze et le lac de Madine avant de la redistribuer dans 27 communes.

 

Depuis le 31 décembre dernier, une petite révolution agite le monde de l'eau. Si la géographie ne change pas, le réseau et l'usine de traitement située à Moulins-lès-Metz, jusqu'alors propriétés de la ville de Metz, intègrent le giron de Metz Métropole. Au sein de la métropole messine désormais compétente en matière de gestion de l'eau, deux systèmes parallèles vont cohabiter. Le premier, en régie publique, regroupe dix communes, dont Montigny-lès-Metz, ayant déjà fait le choix de couper les ponts avec leur délégataire. Le second, le Syndicat des eaux de la région messine reprend le périmètre du réseau messin. Alors que le contrat d'affermage qui le lie à la Mosellane des Eaux (Véolia) depuis 2003 arrive à échéance en août prochain, ce dernier devra trancher la question de faire évoluer, ou non, son mode de gestion.

La politique de l’eau

A Metz, le sujet fait débat, sinon polémique. Début janvier, des forces de gauche orchestrent une campagne d'affichage au slogan provocateur « Dominique Gros doit rompre avec Véolia ». La France Insoumise s'en désolidarise. Membres d'un collectif citoyen favorable à une gestion de l'eau en régie publique jugée plus économe, Philippe Santoro et Denis Maciazek militent eux pour « l'organisation d'un débat qui dépasse les étiquettes ». « Nous voulons impliquer les citoyens, la fin de la délégation de service publique doit permettre de mettre le sujet sur la place publique. D'un extrême à l'autre, l'eau nous concerne tous », souligne le binôme, « l'eau n'est pas idéologique, il n'est pas concevable qu'une entreprise s'enrichisse sur ce bien. »

 

Face à la mobilisation, et en réponse à une conférence animée par Gabriel Amard (co-président d’Eau Bien commun France et proche de Jean-Luc Mélenchon) organisée par le collectif, le SERM joue la prudence. René Darbois promet l'organisation de deux débats dépassionnés fin février.  L'élu écologiste qui depuis deux ans multiplie les visites pour « comprendre le choix des villes » - à Nice, passée en régie, à Dole, Dunkerque ou Rennes – se défend de tout dogmatisme. « Nous sommes revenus sans religion. Il n'y a pas de règle définitive. L'or bleu est un bien commun qu'il ne faut pas maltraiter », pose ce dernier. « La fin d'un affermage donne les moyens de se repositionner, de rediscuter. Les gens de Véolia, je les vois tous les mois. Signer une DSP ne signifie pas délaisser. Nous devons rester vigilants même si le réseau actuel fonctionne bien. »

« Je veux tout savoir »

Stable et dans la moyenne basse, le prix de l'eau plafonne à 3,33 € / m3. Le rendement du réseau est passé de 73% en 2008 à 86% l'an dernier. En d'autres termes, quand on sert un litre, 14 s'évaporent dans la nature. C'est mieux, mais « améliorer le rendement nécessite de lourds investissements ». Et les travaux du Mettis ne sont pas étrangers à ces résultats. La télé-relève, installée en 2015, a également permis de cibler les fuites et les défaillances directement chez les particuliers, contactés en cas de surconsommation anormale. « 3000 personnes l'ont déjà été », souligne René Darbois, « nous devrons conserver la qualité du service, sans tout bousculer, anticiper l'avenir.» Et intégrer de nouveaux paramètres,  à commencer par le changement climatique. « Depuis quelque temps, nous observons des pics de nitrates » liés à des lessivages, des épisodes de pluies brefs et intenses en période de sécheresse. « Les intrants n'ont pas le temps de pénétrer les sols. Cela peut poser des problèmes de pollution des eaux de surface. On sait le traiter, mais il nous faut trouver une solution à la source. »

 

Le SERM souhaite se donner le temps de la réflexion, ne rien précipiter « pour établir un cahier des charges précis ». « Je pense que l'on va prolonger d'un an l'affermage », admet René Darbois, « je me fous de ce que mes amis de gauche peuvent penser. Je veux tout savoir, sans dogmatisme. Nous choisirons la meilleure formule en toute connaissance de cause. »



1 réaction

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Par Jobix
 • Dir.
20/02/2018 • 07:31

14 L de perdu pour un L servi ??? Vous vouliez dire 1,4 L peut être 😉 

 
 

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