https://www.caisse-epargne.fr/lorraine-champagne-ardenne/particuliers/au-quotidien/produit-carte-crypto-dynamique

Sport

FC Metz
Comment Hantz a réveillé les Grenats ?

Par Arnaud DEMMERLé • Journaliste de La Semaine • 12/02/2018 à 17h00

Commentaire Envoyer Imprimer

Frédéric Hantz a transformé le FC Metz depuis son arrivée, essentiellement à partir de décembre. Le technicien de 51 ans est exigeant avec ses hommes et ne les ménage pas. Mais la méthode porte ses fruits. Grâce à ses quatorze points pris sur vingt et un possibles lors des sept derniers matchs, le club de Bernard Serin est totalement relancé dans la course au maintien.

21 octobre 2017. Johnny Hallyday et Jean d'Ormesson sont encore de ce monde...  Après une énième défaite à domicile face à Dijon (1-2), le FC Metz, risée de la France du foot, a quasiment fait son deuil de la Ligue 1. Il souffre de mille maux et semble plongé dans un coma artificiel. Bernard Serin tente l'opération de la dernière chance. Exit Philippe Hinschberger, le fidèle chirurgien du club. Place à une pointure venant de l'extérieur : Frédéric Hantz, adepte des causes perdues et habitué à faire ressusciter  ses patients d’entre les morts. Un peu plus de trois mois plus tard, les Grenats ne sont pas tirés d'affaire, mais une rémission est d'actualité.

Le déclic face à Rennes

Frédéric Hantz au FC Metz, c'est un peu l'histoire de ces célèbres bonbons à la menthe « Kiss Cool », le second effet est plus fort que le premier. Car ses premiers traitements n'ont pas été couronnés de succès. Il commence même par quatre défaites pour un match nul et un seul but marqué. « Je n'ai jamais connu ça en 20 ans de carrière d'entraîneur. Il faut alors se raccrocher à des choses, à commencer par la dignité par rapport à son métier, le respect vis-à-vis du club et des supporters, conserver l'envie de faire progresser son groupe », reconnaît le coach messin. Moussa Niakhaté a, lui, sa petite idée sur la question : « Certains joueurs travaillaient depuis quasiment deux ans avec Philippe Hinschberger. Il a fallu assimiler de nouvelles méthodes et une autre vision du foot. Ce qui ne se fait pas d'un simple claquement de doigts. »

 

Le déclic est intervenu début décembre à Saint-Symphorien face à Rennes (1-1), avec « ce point pris qui avait valeur de victoire », estime Nolan Roux. « Le premier match rassurant depuis longtemps. Un match référence face à une bonne équipe de Ligue 1 », ajoute Jonathan Rivierez. Le FC Metz était à l'époque encore traumatisé par sa série de défaites et cette spirale infernale dont il n'arrivait pas à sortir.

 

« C'était difficile de voir que les autres nous prenaient pour des cons », admet l'attaquant messin. « Nous nous sentions inférieurs aux autres équipes », confesse Moussa Niakhaté. Même son de cloche chez le capitaine Renaud Cohade. « Nous étions amorphes. On avait l'impression que tout était contre nous. » Un certain fatalisme, voire de la résignation avaient donc gagné les rangs des Grenats et Frédéric Hantz s'est efforcé dans un premier temps de laver les têtes. Comment ? En usant de la méthode Coué et en insufflant une énergie positive. « On n'avait pas déposé les armes, mais le groupe était abattu. Il nous a redonnés le moral car tout n'était pas à jeter selon lui », explique Jonathan Rivierez.

Respect et rigueur

La méthode Hantz, c’est d’abord un management équilibré : proche des joueurs avec qui il lui arrive de « déconner » mais ne tolérant aucun écart. « Plus exigeant » que Philippe Hinschberger pour Jonathan Rivierez, il montre surtout l'exemple par  son comportement et sa détermination au quotidien. « Il peut arrêter un exercice si ça ne lui convient bien. On le recommence encore et encore jusqu'à ce qu'on le mémorise. Plus le temps passe, plus je le trouve exigeant », martèle Moussa Niakhaté. « Il ne nous lâche jamais, c'est sa marque de fabrique. Dès son premier entraînement, il a imposé une plus grande intensité et demandé des prises de risque. Au vu des résultats, on avait besoin de cette exigence pour durer pendant les matchs », avoue le latéral droit messin.

 

Frédéric Hantz n'a pas bousculé ses joueurs que sur le terrain, il exige aussi beaucoup d'eux en dehors. Parmi les mesures qu’il a imposées, il y a « les règles de vie » à ne pas bafouer : les retards sont sévèrement sanctionnés, les petits-déjeuners sont pris en commun ou encore l'interdiction des casques en public. « Il ne supporte pas ça. C'est un coach à l'ancienne. Il souhaite que l'on s'ouvre aux autres et à l'extérieur », affirme Jonathan Rivierez. Le but : consolider un groupe qui a « toujours bien vécu », mais surtout recréer une forme de respect.

 

Porté par ses bons résultats, Frédéric Hantz a rapidement emporté l'adhésion complète de ses joueurs. « J'aime bien quand les choses sont carrés », renchérit Jonathan Rivierez. Ce qui s'est aussi traduit sur le terrain par une attitude diamétralement opposée à la passivité et la fébrilité des derniers matchs de l'époque  Philippe Hinschberger. « Il demande d’exercer un pressing permanent et dans le camp adverse, afin de créer rapidement le danger », analyse Moussa Niakhaté. Frédéric Hantz a complètement relancé Emmanuel Rivière, transformé Florent Mollet et redonné confiance à Nolan Roux, auteur déjà de 9 buts depuis le début de la saison en Ligue 1. L'attaque qui battait tous les records de médiocrité s'est d'un coup réveillée avec une moyenne de deux buts par match lors des six dernières rencontres. « Le coach est pour beaucoup dans nos performances actuelles, mais ça vient aussi de nous les joueurs. Il y a eu une remise en question », lance Renaud Cohade. « Si Philippe Hinschberger n'est plus là, c'est d'abord à cause du groupe qui est le premier responsable. Nous avons fait notre mea-culpa », révèle Jonathan Rivierez. Une prise de conscience générale pour un redressement spectaculaire...

 

Les Messins ont déjà grignoté une partie de leur retard. Ils ne sont plus aujourd’hui qu'à six points du 18e et barragiste Troyes, chez qui ils se déplaceront le 26 février prochain alors qu’ils étaient largués à 13 longueurs début décembre après le match nul contre Rennes. Le maintien ne paraît plus utopique. Y croire encore après une saison aussi catastrophique est déjà une première victoire. Sans doute la plus grande prouesse de Frédéric Hantz.

 



Réagir, Commenter, Répondre...

lire la charte des commentaires              Signaler un abus

 
 

Je m'inscris
à la newsletter
Jour de Semaine


 
En soumettant ce formulaire, vous acceptez de recevoir la lettre d'information quotidienne « Jour de Semaine »

Blognotez avec...

avec les journalistes, experts ou passionnés de La Semaine

Elle dévore !
Elle dévore !
Les éditos
Les éditos
Tout foot !
Tout foot !
Pierre Tarib\'log
Pierre Tarib'log

Identifiez-vous

espace-abonnes_3.png

newsletter-new.jpg
contact-new-2.jpg
pub-new-2.jpg

Annonces judiciaires et légales
espace_abonnes_2.png