Metz

Les Bons Plans à Metz
Michel Mangenot, à votre service

Par Arnaud DEMMERLé • Journaliste de La Semaine • 11/02/2018 à 10h15

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Il est le proviseur du lycée des métiers de l’hôtellerie Raymond-Mondon de Metz depuis la rentrée de septembre 2016. A 53 ans, Michel Mangenot met son expérience, ses valeurs empruntées au monde du sport et son sens aiguisé du partage au service d’un établissement incontournable, pourvoyeur de grands talents.

Quand il pénètre dans les cuisines du lycée Raymond-Mondon, Michel Mangenot ne passe pas inaperçu. Une élégance naturelle dans son costume bleu à la coupe impeccable. De la prestance aussi, un regard franc de ceux qui ne cherchent pas à vous écraser ou à jouer à un rôle, mais surtout une simplicité et une proximité évidentes. « J’aime bien aller quand je le peux de salle en salle, discuter avec les jeunes, avoir leur retour même s’il est évident que je passe à côté de plein de belles choses à cause de mon emploi du temps », avoue ce quinquagénaire avec un brin de frustration.

 

Lorsqu’il s’exprime, Michel Mangenot a également du style, de la précision dans le choix des mots et des formules. Qu’il parle ou qu’il écoute, il pose sur vous l’œil attentif, aiguisé, presque protecteur de celui qui veut comprendre l’être humain et le prendre sous son aile. Sans doute une déformation professionnelle. Depuis septembre 2016, il a pris la succession de Martine Garcin, qui a fait valoir ses droits à la retraite, à la tête du campus hôtelier Raymond-Mondon. Il est à la fois proviseur des 600 élèves du lycée et des 400 apprentis du CFA. Il faut y ajouter une troisième casquette à sa collection : celle de président du GRETA Lorraine-Nord (cinq existent dans l’académie Nancy-Metz). « J’ai été élu par mes pairs », précise-t-il.

Une étape

Sa nomination à Raymond-Mondon est son souhait, sa volonté. Michel Mangenot ne la considère ni comme « une consécration » ni comme « un point final », mais comme « une étape » - certes « prestigieuse » - supplémentaire  dans sa vie professionnelle. « Je ne suis pas carriériste. Je n’ai pas un ego surdimensionné, je n’ai pas été éduqué comme ça. La notion de partage est primordiale à mes yeux. On peut tellement s’enrichir des autres. »

 

Le parcours de Michel Mangenot n’a en revanche rien d’un conte de fées. Pas de carrière éclair qui vous fait arriver trop vite et parfois trop haut mais une ascension patiente, linéaire et en même temps naturelle d’un fonctionnaire de l’Education Nationale.

 

à Thionville, il use ses fonds de culotte sur les bancs du collège d’Audun-le-Tiche, puis passe un BAC général et technologique (STI aujourd’hui) au lycée des Grands Bois à Hayange. Il se spécialise ensuite en BTS, puis en DEUG dans le domaine de la mécanique et de l’électro-technique. Il montre surtout de réelles qualités dans la micro technique, c’est-à-dire « la réalisation et la conception d’objets de petites tailles comme les Lego ». Mais il est appelé sous les drapeaux, au 40e régiment de Transmissions de Thionville. C’est à la fin de son service militaire que va naître sa vocation lors d’un banal remplacement de six mois comme enseignant pour des jeunes préparant des CAP ou BEP de dessinateur professionnel.

 

Devenu dans la foulée professeur certifié, il est nommé en 1993 au lycée Alfred-Mézières à Longwy où il va rester sept ans avant de passer et obtenir le concours pour intégrer les personnels de direction de l’Education Nationale. Ses pérégrinations vont alors l’emmener comme principal adjoint au collège François Truffaut d’Hettange-Grande, puis à la cité scolaire Charles-Hermite de Dieuze. En 2005, il est proviseur adjoint à la cité scolaire Hélène-Boucher de Thionville avant cinq années plus tard de prendre les rênes du lycée professionnel Darche de Longwy.

Pétrin familial

Dans la cité des Emaux comme actuellement à Metz, Michel Mangenot renoue quelque part les fils de son histoire familiale. Car ses parents ont tenu pendant de nombreuses années une boulangerie-pâtisserie de renom à Audun-le-Tiche. Même s’il a décidé de suivre un autre chemin professionnel, il n’a jamais oublié le pétrin, le pain croustillant qui termine sa cuisson dans le fournil, les odeurs de levain, l’alignement de baguettes ou de croissants qu’il avait le droit de confectionner. Il en garde des souvenirs émus, mais aussi un grand plaisir à cuisiner quand il le peut. « C’est rare, mais quand c’est le cas, c’est de A à Z. Je fais les courses et je choisis mes produits », explique ce grand amateur de Paris-Brest, spécialiste des pâtes au four à la sauce bolognaise faite maison. « Un clin d’œil à ma maman d’origine italienne. »  Son père est, lui, disparu lors de la dernière période de Noël. De là-haut, il peut être fier de son fils, qui ne laisse rien au hasard dans son établissement où l’on travaille des produits nobles, AOC ou labellisés. « Nous sommes approvisionnés par “La Provençale”, le Rungis luxembourgeois », ajoute-t-il.

 

Des valeurs de rigueur, comme celles du dépassement de soi et du goût de l’effort que Michel Mangenot a appris sur les terrains de foot. Sportif jusqu’au bout des guiboles, cet ancien attaquant, dont l’oncle a même été joueur pro à Angers après la Seconde Guerre mondiale, tente aujourd’hui de les véhiculer à ses élèves. Et le jeu en vaut la chandelle. Car Raymond-Mondon n’est pas un lieu anodin. Des milliers de Mosellans y ont fait leurs études et se sont roussi l’ego au feu brûlant des fourneaux.

 

Certains en sont aujourd’hui des références comme Angelo Musa, champion du monde de pâtisserie ou les MOF Thierry Millet et Nicolas Streiff. « Il existe une belle dynamique à Raymond-Mondon. Mon objectif est de le faire rayonner au-delà du grand Metz et de l’ouvrir à l’international, du Luxembourg à l’Allemagne en passant par la Belgique et pourquoi pas en Angleterre. On doit y susciter des vocations et faire partager des émotions », avance Michel Mangenot, qui ne pourra pas y finir sa carrière à cause de « l’obligation de mobilité ». « Je n’exclus pas une expérience à l’étranger, c’est forcément très enrichissant. Mais chaque chose en son temps. Je ne suis qu’au début de mon aventure à Raymond-Mondon. » Assurément celle qui manquait à sa carrière…

 

Infographie par Camille Malnory


1 réaction

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Par Gérard
 • Cuisto
11/02/2018 • 10:36

Michel "Mange nos" bons plats du lycée Mondon...

Avec un nom pareil, tout le destinait à la fonction de proviseur d'un Lycée de la restauration 

 
 

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