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Culture

Danse
Patrick Dupond : « On me prend très souvent pour un Nancéien ! »

Par La rédaction de LA SEMAINE • La rédaction • 07/02/2018 à 12h40

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Dans toutes les belles histoires, il faut une romance et bien évidemment un prince charmant. Cette romance, elle s'est installée à la fin des années 1980 entre Nancy et Patrick Dupond, le célèbre danseur étoile du Ballet de l'Opéra de Paris, toujours homme de scène et de transmission.

Tout débute en 1976, lorsque le jeune homme originaire de Bretagne se fait remarquer en remportant la médaille d'or du concours international de ballet à Varna en Bulgarie. Danseur virtuose et capable de prouesses exceptionnelles, il est nommé danseur étoile de l'Opéra national de Paris en 1980. Il rencontre un succès considérable en France et à l’international, avec bien évidemment un passage remarqué par Nancy. En 1988, en effet, Jean-Albert Cartier doit quitter ses fonctions de directeur du Ballet Français de Nancy, étant appelé au Palais Garnier et au festival de la ville de Paris. C'est alors que le nom de Patrick Dupond est annoncé pour devenir le directeur artistique du ballet nancéien. « C'était un véritable challenge totalement excitant pour moi, voire un pari risqué même. Du haut de mes 27 ans à l'époque, je n'avais absolument pas anticipé cette mission, mais quel plaisir j'ai pris », annonce d'emblée le danseur étoile lorsque nous l'interrogeons.

 

Dès ses premiers jours à Nancy, le nouveau directeur déborde d'audace. « Je ne voulais pas être un directeur fantôme, mais je ne voulais pas non plus renoncer à mes activités de danseur, ce qui fait que je devais jongler avec les tournées de la compagnie et mes représentations françaises et internationales. » Tout comme aujourd'hui, la compagnie nancéienne se devait d'être une vitrine à la fois de la danse mais aussi du rayonnement du territoire.

 

Patrick Dupond met un point d'honneur à ce que ses troupes créent des relations avec l'ensemble des publics sans distinctions. « J'ai vraiment voulu durant ces trois années passées à Nancy, mettre la danse sur orbite. Cette compagnie disposait d'un répertoire admirable, d'une énergie folle durant les spectacles, il était donc de mon devoir de créer une planète danse et que le plus grand nombre puisse la saisir. C'est de cette façon, qu'à l'époque nous avions lancé une série de 15 à 30 spectacles par saison. C'est un pari osé mais il fallait avoir de l'audace ! », précise-t-il. Et de l'audace, Patrick Dupond et sa compagnie en ont fait preuve aussi en créant un spectacle joué pendant près d'un mois et demi au Palais des Sports de Paris. « Personne n'y croyait et tout le monde nous attendait au tournant évidemment. Mais nous avons tous ensemble relevé le défi avec brio ! »

 

Faire progresser les membres de sa compagnie en rendant obligatoire les cours et en amplifiant les plages horaires, voilà une des recettes du directeur artistique. « Nous devions contribuer à l'animation de la ville, de la région mais aussi faire évoluer nos danseurs. De jeunes danseurs sont ainsi devenus très vite des danseurs principaux. Avec toutes les équipes, je fourmillais d'idées ! C’est dans ces années que nous avons lancé les invitations à la barre, les spectacles place Stanislas ou encore les stages intramuros dans notre studio et également la découverte de l'ensemble des métiers des équipes. »

 

Le prodige, malgré les succès, a la notion d'humanité chevillée au corps. « J'ai toujours eu et je m'efforce encore aujourd'hui dans mes multiples activités, de montrer que la danse est certes parfois une activité individuelle, mais qu'il y a tellement de personnes en coulisses qui constituent des équipes formidables. C'était pleinement le cas à Nancy avec ces équipes menées par Jean-Jacques Robin à l'époque. »

 

Directeur administratif, Jean-Jacques Robin associe Patrick Dupond à l'ensemble des tâches. « C'est de cette façon que je me suis retrouvé pour la première fois dans un conseil d'administration ! Notre mission était de remonter la situation financière, objectif que nous avons rempli en quittant la direction en 1991. »

« 3 années marquantes »

C'est avec émotion que l'ancien directeur artistique du Ballet français de Nancy en parle. « J'ai vraiment quitté Nancy à contre-cœur. J'habitais à l'époque rue de la Ravinelle et je traversais donc le centre-ville, la place Stanislas presque chaque jour. Il y a une véritable douceur de vivre dans cette cité. Je me suis senti tout de suite adopté par les habitants et l'ensemble des acteurs. C'était touchant. Encore aujourd'hui, j'ai croisé une jeune femme qui m’a dit “je suis comme vous, originaire de Nancy !”. C'est assez fou et drôle à la fois ! Mais oui je veux bien, en plus de mes origines bretonnes et de ma vie parisienne depuis de nombreuses années pour ma carrière, avoir des racines nancéiennes ! » Voilà une annonce de faite !

 

Si la chaleur humaine des habitants lui remémore d'excellents souvenirs, celle de ses interlocuteurs aussi, notamment politiques. « Je soumettais des idées au maire André Rossinot et il validait quasi systématiquement. Il a été un véritable soutien et un visionnaire dans les projets culturels, mais aussi économiques. Je me souviens d'une tournée en Asie où nous étions partis avec lui, mais aussi de nombreux industriels lorrains qu'il avait conviés. Ces entrepreneurs rencontraient leurs homologues au fil des villes de la tournée, signaient parfois des contrats et le soir tout le monde se retrouvait dans la même salle pour regarder notre spectacle ! »

 

Patrick Dupond évoque par ailleurs la place de la verdure au sein de la cité ducale, parfois qualifiée de minérale. « Nous allions souvent avec la compagnie, entre deux répétitions, nous poser quelques instants dans les vergers de la rue Bazin. C'était agréable. Mon emploi du temps ne me permet pas de revenir très souvent à Nancy mais j'y suis tout de même passé rapidement il y a quelque temps. J'ai appris que le nouveau maire était un ancien adjoint à la culture. Nancy reste donc toujours dans la création, les belles histoires se poursuivent. »

BZ

Cet article fait partie d'un dossier "Les trésors de Nancy" publié à l'occasion du numéro 400 de La Semaine de Nancy



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