Thionville

Théâtre
Le Nest scanne ses publics et construit l'avenir

Par Fernand-Joseph MEYER • Correspondant de La Semaine • 07/02/2018 à 10h30

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Le Centre dramatique national (CDN) transfrontalier de Thionville-Grand Est dit le Nord-Est-Théâtre (Nest) est installé à Thionville depuis quelques décennies et c'est là qu'il évolue sans discontinuer. Nourri par le terreau culturel mosellan depuis les années 1960-70, il ne cesse de s'étendre, de pousser les frontières, de rassembler les passionnés de théâtre et de diffuser en France et en Europe ses créations mitonnées dans la cité de Charlemagne.

Les publics dits fidèles trouvent sans problème le Nest. Juste avant Manom, en contrebas de la voie ferrée qui file vers le Luxembourg, juste à deux coudées de la Moselle. Le Théâtre en Bois que les assidus n'appellent plus que le TEB jouxte le Barnum, lieu de convivialité où se croisent spectateurs, artistes et administrateurs du Nest qui est l'un des trente-huit CDN épaulés par les Théâtres nationaux (comme Strasbourg) et les Scènes nationales (comme Forbach). Chaque lieu a son histoire.

 

Le Nest vit dans la continuité du Théâtre populaire de Lorraine (TPL) du siècle dernier et assume l'héritage de 70 ans de décentralisation théâtrale. Pour chaque CDN, les réalités sont particulières. Les problèmes aussi. Audience, budget, modernisation...

Jeunes et actifs

Pour y voir plus clair, le Nest a lancé au cours de la saison 2016-2017 une vaste enquête pour étudier son action et son rayonnement sur le territoire. Près de 1000 personnes ont été touchées. 350 “fidèles” et plus de 600 de “potentiels” qui fréquentent d'autres structures culturelles (Pompidou-Metz, médiathèque de Florange, Tram de Maizières-lès-Metz, le Puzzle, l'Adagio et le cinéma La Scala de Thionville) et qui ne prennent pas forcément le chemin du TEB.

 

Deux chercheurs de l'Université d'Avignon ont dépouillé cette étude et en ont extrait à froid des chiffres qui séduisent ou déroutent, des camemberts qui parlent et des analyses qui interpellent et interrogent  élus et citoyens. Il en ressort d'abord que 94,1 % des “fidèles” apprécient sans façon le Nest, que les seniors ne constituent que 39,2% du public, que les jeunes et les actifs en font l'écrasante majorité et que les spectateurs luxembourgeois se cantonnent dans un sympathique 1,9%.

2022 : l’heure de bouger

Des différents panels, il apparaît aussi que le théâtre que propose le Nest perd son étiquette d'élitiste et que  les caricatures idéologiques d'antan colportées par certains politiciens locaux n'ont plus vraiment cours.

 

Un des points noirs émanant de cette étude, c'est la visibilité du TEB, son accessiblité et le ressenti d'insécurité éprouvé par les spectateurs intermittents. Pour conquérir les “potentiels” et de nouveaux publics, une solution est avancée : déménager et installer le Nest dans un autre secteur de Thionville d'autant plus que la structure du TEB est en obsolescence avancée. Des programmistes sont à l'œuvre.
Soutenu par la municipalité de Thionville, l'Etat et la Grande Région, le Nest imagine avec beaucoup de pragmatisme que ce vœu sera une réalité d'ici 2022. Du côté de la rive droite de la Moselle, proche de la gare ferroviaire et de Yutz ? Avec les élections prochaines, le rêve sortira de ses fondations. Chiche ?

©ArthurPesquin


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