Metz

Conseil métropolitain
Taxe sur les risques aquatiques à Metz Métropole : l’amer à boire

Par Gaël FORMENTIN • • 01/02/2018 à 16h00

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Premier conseil métropolitain, première taxe adoptée à reculons. Désormais compétente en matière de gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gémapi), Metz Métropole hérite d'une charge aussi onéreuse que complexe... livrée sans compensation financière ni état des lieux. Etudes, entretien des infrastructures : les habitants vont devoir payer la facture.

« Quand le sage montre l'Etat, le fou voit la métropole. » En conjuguant à sa sauce un célèbre adage chinois, Thierry Hory ne dissimule ni sa colère ni sa frustration. La gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations, Metz Métropole en hérite sans le vouloir, pas même le maire de Marly, commune tout récemment coupée en deux par les humeurs de la Seille. « Cela arrive chaque année », précise l'édile, fataliste. La nouveauté réside dans le coupable désigné : la métropole. « Avant, quand il y avait un drame lié aux inondation, c'était un peu tout le monde et personne en même temps », ironise François Grosdidier. Depuis le 1er janvier, la loi n'en désigne qu'un. Limpide et « inique » : « Ce problème devient notre problème. »

 

Avant 2014, c'est simple, la Gémapi n'existe pas. La loi MAPTAM invente une nouvelle compétence, la loi NOTRe la rend obligatoire un an plus tard et à la fin « l'Etat se dédouane et ne transfert rien », poursuit le sénateur de Woippy. Pas un centime, aucun plan mais des missions. Aménagement d'un bassin hydrographique, entretien des cours d'eau, défense contre les inondations, protection et restauration des sites, des écosystèmes aquatiques, des zones humides et des formations boisées... La liste est longue comme la Moselle et ses bassins versants, de Pompey à Apach.

Un travail de titan

« Aujourd'hui, seule la géographie est connue », concède Joël Strozyna, conseiller délégué à la Gémapi, « nous partons de très loin, il va falloir diagnostiquer l'ensemble des travaux. » Le moindre cours d'eau, chaque fossé, tous les ouvrages... Au moins quatre années d'études attendent le nouveau syndicat Moselle Aval, spécialement créé pour faire face. « Nous allons devoir réinventer l’urbanisme en créant des territoires qui sauront absoudre les caprices de l'eau. » Le travail est titanesque... et coûteux.

 

Pour 2018, le besoin de financement s'élève à 1 143 000 euros, facturé, bon gré mal gré, au contribuable par une nouvelle taxe répercutée et sur la taxe d'habitation (de 6,50 € par an pour un foyer sans enfants à cinq euros pour un foyer avec trois enfants à charge) et sur la taxe foncière (1 € par an par ménage). « Les collectivités deviennent des ajustements comptables pour l'Etat », regrette encore Thierry Hory, amer. Cet impôt supplémentaire, néanmoins « facultatif », personne ne le digère, surtout pas Emmanuel Lebeau. L'élu s'y oppose farouchement et propose pour la financer de déplacer d'un coup de baguette magique une ligne de trésorerie du budget annexe transport vers la Gémapi. « Quand on trouve 33 millions pour un nouveau siège, on peut trouver 1,3 million pour lutter contre les inondations », raille ce dernier.   

La note de l’eau, salée

Sans lisibilité, la note pourrait encore évoluer dans les prochaines années. « La délibération indique que des ''ressources financières supplémentaires'' seront nécessaires », relève Françoise Grolet, « nous ne savons pas où l'on va. » La marge reste importante, puisque la loi fixe à 40 €/an/habitant le plafond maximal à ne pas dépasser. Alors, les critiques pleuvent. Philippe Casin dénonce « une politique de gribouille qui prétend lutter contre les inondations alors qu'elle les provoque par excès d'urbanisation ».

 

Pour François Henrion, « l'eau abreuve le budget de l'Etat. Les Agences de l'eau, de plus en plus frileuses à subventionner les collectivités, auraient dû être le seul acteur de ce dossier » souligne le maire d’Augny. Thomas Scuderi renvoit au gouvernement Macron sa promesse de ne pas toucher à la fiscalité et Marie-Jo Zimmermann évoque « une proposition raide ». Raide, néanmoins « nécessaire pour nous adapter au changement climatique », à en croire l'écologiste René Darbois. L'Etat, quoi qu'il en soit, ne laisse pas vraiment le choix à la métropole. « Nous devons faire face à nos responsabilités, contre mauvaise fortune bon coeur », conclut Jean-Luc Bohl, « c'est une décision pas très agréable, mais équitable dans l'esprit. »

 



2 réactions

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Par Esteban
 • Chercheur
04/02/2018 • 23:16

@ Victor57
Euh ... Metz Métropole, c'est Jean-Luc Bohl ... UDI ... 

Par Victor57
 • Messin
04/02/2018 • 09:26

Les socialistes version Gros et compagnie n'ont que le mot taxe à la bouche....ils finiront pas taxer l'air que nous respirons ! 

 
 

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