Metz

Transports
Franck Duval : “Le Met’ doit rouler plus tard et plus loin”

Par Justine DEMADE PELLORCE • Journaliste de la Semaine • 23/01/2018 à 10h00

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Record de fréquentation, taux d’occupation des parkings relais en hausse mais aussi volonté d’étendre les horaires des lignes structurantes ou extension de la zone couverte par les bus métropolitains : Franck Duval, directeur des Tamm, qui gèrent le réseau de transports en commun de l’agglomération messine Le Met’, nous dit tout.

Plusieurs jours avant que le réseau de transports en commun de l’agglomération messine ne célèbre son 20 millionième voyageur le 5 décembre, un record de fréquentation avait été atteint, le 24 novembre, premier samedi suivant l’ouverture du centre commercial Muse. Plus de 100 000 voyageurs sur l’ensemble du réseau ce jour-là, et plus de 46 000 personnes dans  les seuls Mettis. Muse a été un élément constituant, pense le directeur du réseau, mais ce pic s’inscrit dans une progression constante et régulière depuis le lancement du réseau en 2013.

 

Pour Franck Duval, directeur du réseau, des raisons objectives expliquent ces résultats en hausse continue parmi lesquelles une qualité de service rendue. Qualité qui se traduit en chiffres : le taux de ponctualité est supérieur à 90% sur l’ensemble du réseau, avec un taux avoisinant les 93% pour les Mettis, moins dépendants des conditions de trafic et travaux extérieurs grâce aux voies dédiées. « Nous sommes plutôt meilleurs que d’autres réseaux équivalents car à Metz, on roule finalement plutôt bien », avance le directeur.

Entrer dans les habitudes

Autre levier d’attractivité pour le réseau : les actions commerciales adaptées aux réalités. « Nous sommes très concurrencés par la voiture en premier lieu, par les modes doux aussi (vélo, marche) : à nous d’entrer dans les habitudes de déplacements », reconnaît-il. Ainsi des accords avec des agences immobilières ont été passés qui permettent d’offrir aux nouveaux résidants des cartes de transport : ils sont ainsi poussés à franchir le premier pas, à tester les transports en commun. Au Met’ ensuite de leur apporter satisfaction et de les fidéliser. Car, reconnaît Franck Duval, « il est plus facile de prendre sa voiture qu’un transport en commun régi par des horaires et toute sortes de contraintes ». C’est pourquoi le réseau multiplie notamment les “opérations corridor” : aller se faire connaître auprès de tous ceux qui vivent ou travaillent dans un périmètre autour d’une ligne.

Passer par la case parking

Parmi les changements d’usages, l’un des plus compliqués à amorcer est sans doute l’utilisation des parkings relais ou P+R. Et si leur taux d’occupation a connu une forte augmentation (+100% pour celui de Rochambeau et +40% à Woippy ou Foire Expo), ce n’est « toujours pas assez » pour notre monsieur transport qui veut « toujours plus de voyageurs ». « Tous les P+R de tous les réseaux urbains de France mettent du temps à s’imposer. Question d’habitudes, et parce qu’il n’est a priori pas naturel de prendre la voiture pour aller la garer et poursuivre le trajet autrement. C’est à nous de prouver que c’est intéressant et pour ça, les embouteillages de fin d’année sont un atout pour nous. »

 

Comme le passage au payant de la plupart des places de stationnement à Metz, dont l’impact sur les transports en commun sera évaluable dans les mois à venir. Si le parking Rochambeau est le plus attractif, car le plus proche du centre-ville, il est aussi le plus petit (120 places) et connaît régulièrement des saturations parfois en semaine, quasi systématiquement le week-end. Du coup, c’est celui de Woippy qui est de plus en plus plébiscité. Quant à celui de la Foire expo, Franck Duval est réaliste : « Nous ne sommes pas concurrentiels sur ce temps de parcours », sauf en périodes particulières, les fêtes de fin d’année en tête.

Les bus terminent trop tôt !

« Au final on a 1 000 raisons de monter en voiture, une routine qui n’implique pas de savoir où et quand passe le bus, combien ça coûte, comment on paie ?... », admet le directeur du réseau de transports en commun qui rappelle les ingrédients d’un bon réseau : un large maillage du territoire (le plan de 2013 est satisfaisant sur ce point), l’amplitude de l’offre en termes de fréquence, d’horaires. Et là, Franck Duval pointe une véritable faiblesse du réseau messin : les bus terminent trop tôt ! « 21h, ce n’est pas possible pour une ville comme Metz. Certes nous revenons de loin puisqu’il n’y a pas si longtemps ils se terminaient à 19h30, mais 21h ça ne laisse pas le temps de profiter de la soirée. » Alors il y a bien les Flexo, bus de nuit qui partent de la place de la République à 22h30, 23h30 et 00h30, mais ils commencent à être saturés : tant de voyageurs que le trajet, effectué à la demande, prend un temps fou.

 

Autre incongruité du réseau, sur laquelle tous se penchent : l’impossibilité de sortir de l’agglo avec un bus Le Met’. « Vous réalisez qu’on ne peut pas aller à Auchan Semécourt en bus, parce que ce supermarché pourtant fréquenté par de nombreux Messins, sort des limites géographiques de l’agglo. Ce n’est pas possible », juge Franck Duval qui évoque aussi la complexité de se rendre à Amnéville et vers le nord du sillon plus généralement.

 



2 réactions

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Par perry57
 • contribuable en extinction
23/01/2018 • 18:58

C'est bien de "balancer" des chiffres mais quid par rapport aux estimations initiales ? car il me semble bien que chaque année Metz Métropole réajuste à la "hausse" sa contribution auprès du DSP car celui-ci ne rentre pas dans ses "frais" (si je puis dire car son offre était basée sur les chiffres énoncés dans l appel d'offres...).
En ce qui concerne le taux de fréquentation en hausse, effectivement, vu les efforts de la mairie de Metz pour décourager les "banlieusards". Ils vont bien finir par y arriver pour les remplir les P+R... 

Par Adam
 • Contrôleur de gestion
23/01/2018 • 15:56

Aller à Auchan Semécourt grâce au réseau Le Met, pourquoi pas, c'est plutôt une bonne idée, bien que Semécourt ne fasse pas partie de Metz Métropole...

Par-contre, il me semble que Waves, lui est à Augny et en fait donc partie. Ce centre commercial n'est pourtant pas desservi de façon régulière et sans rupture de charge depuis le centre-ville.

De même, le multiplexe Kinépolis Saint-Julien-lès-Metz, qui fait également partie de Metz Métropole, n’est pas accessible directement (sur le parking) et avec des horaires adéquats aux usagers des transports en commun de Metz.

Bref… Avant de regretter de ne pas pouvoir aller hors des limites de la métropole messine, il me semble qu'il reste encore beaucoup de lieux « fréquentés par de nombreux Messins » et relevant des compétences de Le Met qui mériteraient d’être desservis correctement. 

 
 

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