Sport

Vandœuvre Nancy Volley-Ball
Fabien et Alona Pelc, un couple sans filet

Par Arnaud DEMMERLé • Journaliste de La Semaine • 10/11/2015 à 18h10

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Il est le feu. Elle est la glace. Fabien Pelc, 35 ans, entraîneur-adjoint passionné et l'Ukrainienne Alona Malysheva, 30 ans, centrale, professionnelle jusqu'au bout des ongles, ne sont que de simples « collègues » au Vandœuvre Nancy Volley-Ball (VNVB). En dehors des parquets, ils forment un couple complémentaire, attachant et uni autour de leur fils Valera, 4 ans. Entretien vérité.

• La passion du volley

Alona : « J'ai su dès l'âge de 12 ans que je voulais devenir joueuse professionnelle. Les sportifs de haut niveau ont une très bonne image en Ukraine. J'avais le choix entre le basket, le handball et le volley. J'ai opté pour ce dernier car j'étais grande et fine. Je suis originaire de Tcherkassy, une ville de 285 000 habitants, au sud-est de Kiev. Les équipes masculines et féminines de volley de ce club étaient parmi les meilleures du pays et le sont toujours. Réussir dans le sport était la chance de ma vie, le moyen de m'épanouir, de devenir indépendante et de quitter mon pays. »

Fabien : « J'ai découvert moi aussi le volley à l'âge de 12 ans, en 6e, par l'intermédiaire d'un surveillant qui pratiquait ce sport. J'avais essayé auparavant une ribambelle de disciplines sans trouver mon compte (foot, basket, cyclisme, tennis de table). Je suis grand et gaucher, tout a très vite marché pour moi. Je suis rapidement devenu un grand fan de Laurent Chambertin, la gueule du volley à l'époque, un passeur au charisme énorme et au toucher de balle incroyable.
J'ai porté quasiment toute ma carrière le même numéro que lui : le 5. J'en ai porté simplement un autre, une seule saison du côté d'Asnières. J'ai été mauvais du début à la fin (rires). »

• L'arrivée au VNVB

Alona : « Un peu par hasard. J'avais déjà évolué en France, du côté de Calais. Ma compatriote Iryna Sukhoruk m'a proposé en 2009 de la rejoindre au VNVB, qui recherchait une centrale/passeuse. Je suis venue avec Yana Vovchenko, qui est devenue quelques années plus tard ma belle-sœur. La première fois que je suis arrivée à Nancy-Vandœuvre, j'ai immédiatement voulu repartir. C'était la nuit et il y avait ce grand bâtiment sans âme : les Nations. Au fil du temps, je suis tombée amoureuse de cette ville. »

Fabien : « C'est ma deuxième saison au VNVB. J'étais auparavant entraîneur-joueur d'Epinal en Nationale 2. Je devais tout gérer de A à Z, je n'avais plus de temps pour ma famille. J'avais envie de tout arrêter avant d'accepter la proposition de mon frère Benoît, dirigeant ici. Cyril (Wozniak) était seul depuis un bail et souhaitait un adjoint pour l'épauler. Le projet m'a plu. J'ai du temps pour me concentrer sur mon métier d'assureur. J'ai moins de responsabilités qu'à Epinal, je dois être là 2 à 3 fois par semaine et les jours de match. 9 adjoints sur 10 en Ligue AF se contentent de s'occuper des statistiques. C'est frustrant. Cyril me laisse, lui, carte blanche. On parle un peu le même langage. On vient tous les deux d'Asnières, l'un des meilleurs clubs français de volley au niveau de la formation. A l'instar de Nantes en foot. Je suis responsable technique du secteur offensif et des blocs, ça me convient très bien. Je croque dans le truc à fond ! »

• Leur rencontre

Alona : « C'était à la salle de fitness "Well and Fit", fin 2009. Je venais d'arriver à Nancy. Il ne m'adressait pas la parole, mais il y avait des regards qui ne trompaient pas. Il m'a contacté en décembre sur Facebook. »

Fabien : « Le milieu du volley est tout petit. J'ai rapidement su qui était cette grande et belle blonde. Elle m'a fait miroiter pendant un moment. Elle n'avait jamais le temps de me voir. C'est elle qui est revenue vers moi au moment où je ne m'y attendais plus. J'étais un soir chez mes parents et elle m'a proposé de prendre le thé via Messenger. Nous sommes restés amis pendant deux mois avant que les choses se décantent. Sa force de caractère m'a immédiatement séduit. Elle sait ce qu'elle veut. Elle m'a d'ailleurs parlé d'enfants dès le premier tête-à-tête. Nous avons aujourd'hui un adorable garçon de 4 ans, Valera. »

• La découverte du pays de l'autre

Alona : « La France est un pays rassurant. Si tu n'es pas fainéant, des portes s'ouvrent naturellement. Nancy me rappelle certaines villes d'Ukraine par son côté nature. Il y a de nombreux parcs et forêts. Les gens sont très souriants et avenants ici. »

Fabien : « J'étais seul quand j'ai mis la première fois les pieds à Tcherkassy. Alona était déjà sur place, je l'ai rejoint. J'ai eu un choc. C'était flippant, il y avait des militaires partout. J'avais l'impression que la guerre froide n'était pas terminée. Et encore la situation n'était pas celle que l'on connaît aujourd'hui. En Ukraine, il y a soit les riches mafieux dans de superbes baraques, soit les pauvres dans des taudis. Il n'y a rien au milieu, c'est un peu marche ou crève. Igor, le petit frère d'Alona, vient de trouver un emploi au « Royal Palace Music Hall » de Kirrwiller grâce à ses qualités de danseur. Sa grand-mère nous a remerciés d'avoir donné un avenir à son petit-fils. »

• La cuisine

Alona : « Je pourrais manger tous les jours du foie gras avec de la confiture de figues et du gros sel. J'adore aussi les escargots, le magret de canard, mais pas trop le fromage. Hormis la raclette et l'emmental. »

Fabien
: « La cuisine ukrainienne est traditionnelle avec pas mal de pommes de terre et de choux. J'ai une préférence pour les pelmeni, des petites boulettes de viande hâchée, enrobées de pâte fine, le bortsch, le portage national ukrainien à base théoriquement de betteraves et les pirojki, sortes de petits pâtés en croûte. C'est très bon, mais consistant. »

• Pendant les matchs

Alona : « Je ne le vois pas comme mon chéri, mais l'entraîneur-adjoint de l'équipe. Je ne cherche pas son regard quand ça ne va pas. »

Fabien : « C'est une joueuse comme les autres. On ne souhaite pas mélanger le travail et le plaisir. Je ne l'ai jamais favorisée. Elle n'en a de toute façon pas besoin. Techniquement, elle est très stable et c'est une boulimique de travail. Elle est très exigeante avec elle-même. En revanche, on débriefe ensemble après les matchs, à la maison. »

• L'icône Victoria Ravva

Alona : « Elle était au bon moment, à la bonne place. »

• Les ambitions

Alona : « Je vise la première place. Peu importe l'équipe que l'on a de l'autre côté du filet, Terville-Florange ou Cannes, j'aurais toujours la même approche et le même investissement. Je ne me fixe aucune limite si l'on joue en équipe. Rien n'est impossible quand on s'en donne les moyens. »

Fabien
: « Je veux voir mon équipe évoluer à sa juste valeur. Si tel est le cas, on aura la place que l'on mérite, sans doute pas très loin des play-offs. Au VNVB, c'est le collectif qui prime. Qui sera la rélévation de la saison ? Je ne sais pas trop. Le club continue de faire confiance en Ligue AF à Manon Bernard. Elle peut franchir une étape supplémentaire. Alexia (Djilali) et Isaline (Sager-Weider) ont connu des saisons frustrantes avec Mulhouse. Cette fois, elles peuvent avoir un rôle à part entière. Julie (Mollinger) a les crocs et a à cœur de montrer son meilleur niveau. Inge Molendjik, la nouvelle passeuse de l'équipe, a connu une première expérience mitigée en France, à Istres. Ici, elle a les clés du camion. En ce qui concerne, Adeline (Lefèvre), elle doit grandir dans sa vie privée et savoir où elle veut aller vraiment. »


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