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Promoteur du francique luxembourgeois Ce “platt pays” qui est le sien - La Semaine.fr

Passions

Promoteur du francique luxembourgeois
Ce “platt pays” qui est le sien

11/01/2010 à 17h02

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Difficile de définir Joseph Nousse. Quand on lui demande, il prend le temps de réfléchir. Avant de se résigner, dans un sourire : « disons que je suis un électron libre ». La voix est grave et posée, et l’accent étrangement chantant. Comme si les mots grimpaient et dévalaient les coteaux de Moselle. La matière que Jo Nousse ausculte et agite ainsi ? Une langue, qu’il écrit, chante ou enseigne, parfois tout à la fois : le lëtzebuerger Platt. Comprenez : le francique luxembourgeois.

Avec Jo Nousse, on voyage parfois sur de délicieuses sonorités. Quand il vous dit être un gosse du Siirkerland, on s’imagine crapahuter du côté de l’Inde, sur le piémont himalayen. Ou bien sous le ciel cristallin d’Afrique du Sud. Et puis, d’un coup, on réalise que cette contrée, à l’accent si exotique, elle se trouve à nos portes : c’est le pays de Sierck-les-Bains. Jo Nousse et le lëtzebuerger Platt, c’est une longue, passionnante et passionnée, mais aussi, parfois, une tumultueuse histoire d’amour. « Adolescent, comme tous mes amis, j’ai eu honte de ma langue maternelle. » Il rappelle alors qu’il a appris le français à l’école, à l’âge de six ans. Le coup de foudre pour le Platt ? « C’était en 1976, l’année de mon bac. J’avais demandé à pouvoir passer l’option Langue et Culture Régionale en francique. On s’est moqué de moi et on m’a raccompagné à la sortie. On m’avait dit que le breton était une langue, mais sûrement pas le platt. » A cette époque, Daniel Laumesfeld était pourtant en train de changer la donne.  « Avec lui, le francique apparaissait positif, ouvert sur le monde et sur l’avenir ». Il rejoint alors le groupe musical Geeschtemat.

Culture vivante

Car voilà un peu contre quoi se bat Jo Nousse : la ringardisation de son dialecte. « Quand j’étais jeune, le francique luxembourgeois était un ciment intergénérationnel. Ca s’est ensuite un peu perdu. » Et puis, une donnée est venue redonner un peu de souffle à la langue : « La connaissance du luxembourgeois est devenue un atout majeur pour accéder au marché de l’emploi au Grand-Duché. »

Instituteur, il voit alors des dizaines de parents d’élèves demander l’apprentissage du francique pour leurs enfants. « En 1984, j’ai demandé pour la première fois à l’Education Nationale la permission de me consacrer entièrement à cette langue. La permission a enfin été accordée…en 2005 ! » Reconnaissance, certes, mais il avoue regretter le temps perdu à attendre.

Passeur d’idées

Aujourd’hui, Jo Nousse est omniprésent au pays des Trois-Frontières. Pardon : au Dräilännereck. « Personnellement, je me considère comme un passeur d’idées, un (r)éveilleur de la culture francique. Je n’ai pas  du tout un esprit ‘régionaliste’, mais plutôt un esprit ouvert qui me fait dire ‘Wëlkomm’ aux gens de tous horizons. » Son récent bouquin s’appelle « Plattagonie ». C’est un recueil de chansons, prose, notes de voyage, rock-poèmes ou contes. Les textes sont en français et en francique. Avec son groupe Mannijo, il est actuellement en studio pour enregistrer un album de chansons enfantines en luxembourgeois. « Ce projet impliquera 300 élèves qui suivent l’option Langue et Culture Régionale au pays des Trois-Frontières. »

Et puis, bientôt, les 30 et 31 janvier prochains, se tiendra à Sierck-les-Bains le premier festival du film luxembourgeois. Il monte ça avec l’ACVS (Association Culturelle du Val Sierckois). Deux films seront projetés en VO et sous-titrés en français. Avec, bien sûr, l’inévitable café-klatsch pour accompagner les toiles. Ou bien des tartines de Bibbeles Kéis (fromage blanc) ou des Kranzkuch (brioches) du coin. Histoire de ne pas oublier que l’amour d’une culture passe toujours, tôt ou tard, par la table.   



Cet article est paru le 30 décembre 2009 dans l'hebdomadaire La Semaine n° 250. Pour lire le journal dès sa parution, abonnez-vous !




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